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Recherche sur la prise en charge du risque suicidaire dans les foyers de la PJJ

Publié le 09 avril 2026

La direction de la protection judiciaire de la jeunesse (DPJJ) a soutenu une recherche intitulée : « Accompagner des adolescents présentant un risque suicidaire en foyer : un état des lieux des difficultés et des ressources des professionnels », réalisée par la sociologue Myriem Auger.

Les jeunes suivis par la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) présentent de multiples vulnérabilités sur le plan de la santé, y compris la santé mentale, comme le montre la récente étude nationale sur la santé des jeunes suivis par la PJJ. 13,5 % des jeunes interrogés déclarent avoir déjà fait une tentative de suicide (26 % des filles et 12 % des garçons). La recherche sur les caractéristiques psychosociales des jeunes placés au pénal fait également le constat d’un état de santé mentale dégradé chez les jeunes placés, lesquels se caractérisent notamment par une exposition fréquente à des expériences adverses durant l’enfance (61 % des jeunes déclarent par exemple avoir subi de la maltraitance émotionnelle et 47,5 % de la maltraitance physique) et par une prévalence élevée des symptômes psychotraumatiques. Dans ce contexte, la DPJJ a souhaité disposer d’analyses sur le risque suicidaire dans les foyers de la PJJ, dans l’objectif d’améliorer la prévention et la prise en charge de ce risque.

Cette recherche s’inscrit dans la continuité d’un projet financé par l’Observatoire national de la protection de l’enfance sur la prévention et la prise en charge du risque suicidaire dans les établissements relevant de l’Aide sociale à l’enfance (Charles et. al. 2024). Elle complète cette étude par une enquête dans les unités éducatives d’hébergement diversifié (UEHC) relevant de la PJJ, afin d’analyser les ressources disponibles et les obstacles à la protection des jeunes présentant un risque suicidaire.

Elle met en lumière plusieurs axes de travail pour que les professionnels puissent mieux protéger ces jeunes : améliorer la transmission d’informations au moment du placement ; former les professionnels à la prise en charge du risque suicidaire ; renforcer le travail partenarial pour faciliter l’orientation vers les soins en santé mentale. L’auteure invite également à cultiver et valoriser les pratiques de « care », reposant sur des gestes du quotidien, peu formalisés mais essentiels dans l’accompagnement des adolescents présentant un risque suicidaire dans les foyers.

Le soutien de la DPJJ à ce travail s’inscrit dans le cadre de son plan national de prévention du suicide des mineurs et jeunes majeurs (2024-2027). L’objectif du plan est de conforter l’action des professionnels au service d’une sécurisation des prises en charge. En 2025, aucun suicide de mineurs n’a été à déplorer dans les établissements de placement, ni en détention, mais, la prévention du risque suicidaire reste une priorité au regard de la fragilité de la santé mentale des jeunes placés et des tentatives de suicide repérées.

Suite à l’organisation de groupes de travail, des fiches destinées à mieux détecter et accompagner ce risque suicidaire en hébergement seront publiées en 2026. Par ailleurs, la réforme des modalités de placement à la PJJ, qui prévoit à partir de septembre 2026 la transformation des UEHC et des centres éducatifs fermés en unités judiciaires à priorité éducative (UJPE), compte parmi ses objectifs l’amélioration de la prise en charge de la santé des jeunes placés, et plus principalement la santé mentale.


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