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Cérémonie d’installation de Pascal Courtade, directeur général de l’administration pénitentiaire

Publié le 01 juin 2026

Depuis le 1er juin 2026, Pascal Courtade, administrateur de l’État, est directeur général de l’administration pénitentiaire. Il a été installé dans ses fonctions par Gérald Darmanin, garde des Sceaux, ministre de la Justice, lors d’une cérémonie au centre pénitentiaire de Fleury-Mérogis. À cette occasion, le ministre a détaillé sa feuille de route.

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Ancien préfet de l’Aube, Pascal Courtade a été nommé par décret en date du 27 mai 2026 directeur général de l’administration pénitentiaire par le président de la République, sur proposition du garde des Sceaux. Il succède à Sébastien Cauwel, nommé préfet du Tarn-et-Garonne.

La cérémonie d’installation de Pascal Courtade dans ses nouvelles fonctions s’est déroulée au centre pénitentiaire de Fleury-Mérogis. Après un passage en revue des troupes et les honneurs au drapeau, un hommage aux agents morts pour leur devoir a été rendu. Une gerbe a été déposée pour Fabrice Moello, capitaine pénitentiaire, et Arnaud Garcia, surveillant brigadier, tués lors de l’attaque de leur convoi à Incarville en mai 2024. Au cours de cette même cérémonie, la médaille d’honneur des services judiciaires à titre posthume, échelon or, leur a été remise.

Lors de son discours, le garde des Sceaux a rendu hommage au travail et au dévouement des agents pénitentiaires : « L’administration pénitentiaire est l’une des plus grandes et aussi des plus modestes administrations. Grande car ses défis sont immenses, grandes car ses agents sont parmi les plus valeureux de la République, grande car son éternelle action vise à réparer toutes les défaillances des autres services publics. Grande administration car ses serviteurs sont capables de sacrifices ultimes pour servir l’État, pour servir le droit, pour servir la justice. C’est l’une des plus grandes administrations, mais aussi l’une des plus modestes. Partout les agents font face à la mission la plus difficile de la République : ils sont en charge de l’âme de chaque homme qui leur est confié, et au fond, de l’âme de la République. Être en charge de l’âme de la République, c’est être responsable de la sûreté des Français. Être en charge de l’âme de la République, c’est aussi accompagner sans jamais juger, pour tenter de rendre chaque individu meilleur durant sa peine, le soutenir dans ses doutes et essayer de le sortir de sa noirceur, de ses démons intérieurs. Voilà qui rend grand, mais qui rend modeste. »

Le ministre a ensuite détaillé les six défis qui constituent la feuille de route confiée au nouveau directeur général de l’administration pénitentiaire.

Soutenir les agents de l’administration pénitentiaire et contribuer à leur donner les moyens de travailler correctement

Le ministre a rappelé l’importance du dialogue social et la nécessité d’écouter le terrain.

Parmi les priorités :

  • la question des extractions judiciaires pour limiter au maximum les risques ;
  • une révision de l’affectation des 900 agents pénitentiaires supplémentaires, dans une trentaine de prisons françaises ;
  • le lieu d’implantation de la deuxième école pénitentiaire attendu pour le 15 septembre, pour former davantage d’agents :
  • l’installation de la police pénitentiaire qui permettra aux équipes régionales d’intervention et de sécurité (ERIS), aux équipes locales de sécurité pénitentiaire (ELSP) et à tous ceux qui travaillent à la sécurité des détenus et surtout des agents d’avoir les matériels, le fonctionnement et le commandement adéquats.

Lutter contre la criminalité organisée

La criminalité organisée représente une menace de sécurité intérieure, avec des auteurs capables de corruption, de violences, d’assassinats, voire de vouloir prendre le pouvoir.

Pour lutter contre ce fléau, le nouveau directeur général de l’administration pénitentiaire aura pour missions :

  • de poursuivre la nouvelle politique de différenciation carcérale des détenus selon leur dangerosité ;
  • de porter une attention particulière aux prisons de haute sécurité de Vendin-le-Vieil et Condé-sur-Sarthe, et à la création des prisons de haute sécurité de Réau à l’été 2026, puis de Valence et Aix-Luynes en 2027 ;
  • de généraliser la visioconférence mais aussi la télémédecine, pour éviter le plus possible les extractions médicales ;
  • d’expérimenter la première salle d’audience pour la criminalité organisée à Fleury-Mérogis. Élaborée avec les magistrats et l’administration pénitentiaire, elle est destinée à répondre aux grands procès de criminalité organisée et à éviter de nouveaux drames.

Veiller à l’exécution des peines et lutter contre la surpopulation carcérale

Les chantiers prioritaires en la matière :

  • l’accélération de la construction de prisons modulaires, qui coûtent deux fois moins cher et sont construites trois fois plus vite ;
  • la fin des matelas au sol d’ici deux ans, pour rétablir la dignité des conditions de détention et mettre fin à une promiscuité délétère ;
  • la poursuite de l’expérimentation qui prévoit l’intervention des services d’insertion et de probation en pré-sentenciel, et sa généralisation si elle est concluante. Les SPIP, qui réalisent un travail essentiel, interviennent aujourd’hui trop tardivement dans la chaîne de l’autorité judiciaire ;
  • une meilleure prise en compte de la victime : l’accompagner dans sa compréhension de la décision de justice, l’informer (quand son agresseur sort de détention par exemple).

Permettre à la peine d’être utile

Le temps de détention utile est celui où le détenu se réinsère, apprend à lire et à écrire, lutte contre ses difficultés.

Pour une peine utile :

  • miser sur le travail en détention, qui a baissé ces dernières années, et moderniser les ateliers avec l’ensemble des acteurs concernés ;
  • lutter contre les addictions en lien avec les services de santé.

Accélérer la politique des étrangers engagée

Une mission sur les détenus étrangers a été créée il y a un an et demi. La baisse des détenus étrangers, qui représentent 25% des personnes détenues, a commencé mais reste trop faible. Leur vocation n’est pas de rester sur le territoire national mais de repartir dans leur pays d’origine.

Pour ce faire, il est primordial de :

  • faire l’interconnexion entre les systèmes d’information en lien avec le ministère de l’Intérieur ;
  • appliquer les obligations de quitter le territoire français (OQTF) et les laissez-passer consulaires dès l’arrivée en détention.

Repenser la manière de gérer la santé mentale en détention

Entre 20 et 30 % des personnes détenues sont atteintes d’une maladie psychiatrique avérée. Les conditions dans lesquelles elles sont actuellement prises en charge sont indignes. Pour mieux gérer la santé mentale en détention, la création d’un établissement spécialisé a été annoncé il y a quelques semaines en lien avec le ministère de la Santé. La réflexion sur ce sujet devra se poursuivre.

S’adressant à Pascal Courtade, Gérald Darmanin a conclu son discours ainsi : « Monsieur le directeur, vous avez désormais du pouvoir. Le pouvoir n’est rien d’autre qu’une lutte contre l’impuissance et l’inertie. Je vous remercie de l’exercer. »

Le ministre a ensuite procédé à la remise de médailles d’honneur des services judiciaires et de l’administration pénitentiaire.

Voir la cérémonie d'installation

Gérald Darmanin, ministre de la Justice, installe Pascal Courtade dans ses fonctions de directeur général de l'administration pénitentiaire