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À voir : une audience fictive pour comprendre la procédure de jugement des crimes reconnus
Publié le 02 juin 2026
Pour comprendre comment se passe une audience solennelle de jugement des crimes reconnus, une audience fictive a été organisée au ministère de la Justice le 2 juin 2026. Interprétée par des professionnels de la justice, elle est disponible en replay.
L’accusé s’appelle Alexis Lordat. Il est l’auteur de coups mortels aggravés sur son voisin. Il a reconnu l’intégralité des faits qui lui sont reprochés et il est jugé dans le cadre d’une procédure de jugement des crimes reconnus (PJCR). Il a accepté, lors de l’entretien préalable avec le ministère public et en présence de son avocat, la peine de neuf ans d’emprisonnement et les peines complémentaires de cinq ans d’inéligibilité et l’interdiction de détenir ou de porter une arme pendant cinq ans.
Ce scénario est celui de l’audience fictive qui s’est déroulée le 2 juin 2026 au ministère de la Justice. Dans les rôles de l’accusé et de la partie civile, deux comédiens. Les magistrats, avocats, greffier, personnels pénitentiaires et huissier étaient interprétés quant à eux par des professionnels de la justice.
Voir le replay de l’audience
Qu’est-ce que la procédure de jugement des crimes reconnus ?
Le projet de loi pour la justice criminelle et le respect des victimes, porté par Gérald Darmanin, garde des Sceaux, ministre de la Justice, prévoit la création de la procédure de jugement des crimes reconnus.
Cette procédure, également appelée plaider-coupable criminel, permet de juger plus vite un crime lorsque l’accusé a reconnu l’intégralité des faits. Déjà utilisée en France pour les délits, ce type de procédure existe dans la majorité des pays européens.
Il s'agit d'une option supplémentaire pour juger les crimes. Elle ne peut être mise en œuvre que si le ministère public, l’accusé avec son avocat et la partie civile avec son avocat l’acceptent. Un entretien a alors lieu entre le ministère public et l’accusé, assisté obligatoirement de son avocat, au cours duquel une peine criminelle est proposée. Si cette peine est acceptée, une audience solennelle de jugement des crimes reconnus a lieu.
Quel est le but de l’audience solennelle de jugement des crimes reconnus ?
Lors de cette audience publique devant la cour d’assises, la partie civile et l’accusé pourront s’exprimer devant la cour et revenir sur les faits si elles le souhaitent.
La cour d’assises spécialement composée de trois magistrats s’assure que la reconnaissance des faits criminels est libre, entière et éclairée, que la peine est juste et proportionnée au regard de la gravité des faits et de la personnalité de leur auteur et qu’elle est conforme aux intérêts de la victime et de la société. Si la reconnaissance n’est plus complète, que la peine est considérée comme trop basse, incomplète ou trop sévère, la procédure retourne devant une cour criminelle départementale ou une cour d’assises selon la procédure classique. La peine prononcée ne pourra pas dépasser les deux tiers de la peine maximale encourue.
La PJCR permet de juger plus vite certains crimes, sans sacrifier la qualité de la justice. Elle évite aux victimes des audiences longues et éprouvantes et leur permet d’engager un processus de reconstruction plus rapidement. Enfin, elle redonne du sens à la réponse pénale.
La procédure de jugement des crimes reconnus a été adoptée dans le cadre du projet de loi « Justice criminelle et respect des victimes » par les sénateurs. Elle sera examinée à l’Assemblée nationale dans les prochaines semaines.