Ministère de la Justice
 
 

25 septembre 2013

Histoire et architecture de la cour d'appel de Rennes

Série « Patrimoine des juridictions » - Publication n°5

Edifié entre 1618 et 1655 sur les plans de Salomon de Brosse, architecte du palais du Luxembourg à Paris, le palais du parlement de Bretagne est un lieu hautement symbolique de la justice et de l'histoire de la Bretagne.

Cour d'appel de Rennes - Crédit photo : CA Rennes

Le Parlement de Bretagne ou l'ancêtre de la cour d'appel

Le « Parlement », juridiction supérieure présidée par un « juge universel de Bretagne », fût l'ancêtre de ce que Charles VIII appela en 1492 les « Grands Jours ».

Mais c'est en 1554, par l'édit de Fontainebleau, que Henri II décida de la création du Parlement de Bretagne, une juridiction souveraine, qui contribuait à « préserver les coutumes de l'ancienne France ».

RennesOutre sa vocation judiciaire, cette nouvelle institution avait des prérogatives à la fois législatives et politiques. Mais tel ne fut plus le cas après la révolution de 1789, puisque le Parlement de la Bretagne ne conserva que son rôle judiciaire et devint après la Restauration une cour d'appel, fonction exercée jusqu'à nos jours.

La construction du palais est bien postérieure à l'implantation du Parlement de Bretagne à Rennes. En effet, lorsqu'en 1561 ledit Parlement s'y installa, les parlementaires, sous l'impulsion du roi Henri II, se font édifier un bâtiment à la hauteur de leur double fonction politique et juridique. C'est alors qu'émergera au cœur de la capitale bretonne, un imposant édifice carré avec une cour intérieure et qui sera le siège de la plus haute juridiction en Bretagne.

 

Une histoire marquée par les incendies

En 1720, « le grand incendie de Rennes » ravagea le cœur de la ville et n'épargna que quelques bâtiments dont le palais du Parlement, grâce notamment à la mise en place de coupe-feux.

Mais ce ne fût malheureusement pas le cas en 1994, puisque, le 4 février, le palais a été la proie des flammes. Une fusée éclairante avait, en effet, heurté la toiture de l'édifice et provoqué le feu, ce qui avait entraîné l'effondrement du toit sur le premier étage.

Toutefois,  des œuvres d’art prestigieuses qui le décoraient ont pu être sauvées et le bâtiment a été entièrement restauré, permettant sa réouverture en 1999, date à laquelle la cour d'appel s'y réinstalla.

 

Un témoignage du grand décor royal et parisien du XVIIe siècle

La façade principale du palais du Parlement de Bretagne reflète un style architectural relativement sobre qui contraste avec son intérieur. La composition de l'édifice suit, par ailleurs, un rythme ternaire, avec au rez-de-chaussée une structure de granite, à l'étage l'utilisation de la pierre blanche et enfin un toit couvert d'ardoises. Quatre statues dorées représentant, d'ouest en est : la Loi, la Force, l'Éloquence et la Justice, se dressent aux extrémités d'une balustrade qui orne le toit de ce monument rennais.

 

La loi - Crédit photo : c. Lacène MJ-DICOMLa force - Crédit photo : C. Lacène MJ-DICOM
L'éloquence - Crédit photo : C. Lacène MJ-DICOMLa justice - Crédit photo : C. Lacène MJ-DICOM

 

Originellement, un grand escalier permettait aux parlementaires d'accéder immédiatement au premier étage sans passer par le rez-de-chaussée, qui servait avant tout de prison. Mais Jacques V Gabriel, architecte chargé de la reconstruction de la ville après l'incendie de 1720, décida d'épurer la façade du palais, en enlevant l'ancien escalier à double volée et dota, par ailleurs, le palais d'une place royale où se tenait à son milieu une statue équestre du roi soleil, œuvre d'Antoine Coysevox. « Le palais doit s'incliner devant la statue de Louis XIV comme les parlementaires devant le roi ».

Grand' chambre - Crédit photo : CA Rennes

 

 

Salle des pas perdus - Crédit photo : CA RennesLa pièce maîtresse de cet édifice peut être considérée comme étant « la Grand 'Chambre », œuvre de Charles Errard et de Noël Coypel, composé de décors exceptionnels avec des plafonds à la française et des boiseries sculptées et dorées, exemples rares de l'art pictural du XVIIe siècle.

Elle rivalise toutefois en attractivité avec d'autres salles se trouvant au même étage, longtemps appelé « l'étage noble » et, notamment, avec la salle des pas-perdus, la salle d'assises ou encore la salle Jobbé-Duval.

La décoration intérieure a été restaurée à la fin du XIXe siècle et le palais  a été classé au titre des monuments historiques par arrêté du 26 décembre 1883.

 

Salle d'assises - Crédit photo : C. Lacène MJ-DICOMDétail du plafond d'une salle d'audience - Crédit photo : C. Lacène MJ-DICOM

 

 

Témoignage de Xavier Beuzit, Président de chambre

« La simplicité des lignes et l'harmonie des proportions font la beauté du Parlement de Bretagne. Construit en granit, tuffeau et ardoise, il est composé de matériaux extraits de la terre armoricaine et est chargé de l'histoire parlementaire d'une province ardente et remuante.

Siège de la Cour d'appel de Rennes à partir de la Restauration, le bâtiment avait été aménagé au XIX ème siècle pour remplir ses nouvelles fonctions. Peu de modifications eurent lieu au XX ème siècle, jusqu'à ce que, dans la nuit du 4 février 1994, le feu, né dans la charpente en bois en forme de nef construite par les charpentiers de marine de SAINT-MALO, le ravage. Il s'ensuivit une grande émotion en Bretagne et au delà. Le symbole d'une région était profondément atteint. La volonté de reconstruire et de restaurer fut unanime et en 2000 la cour d'appel se réinstalla dans le parlement, dont les salles historiques avaient été rénovées. Histoire et modernité se sont conjuguées, culture et institution judiciaire cohabitent dans le Parlement de Bretagne du XXIème siècle ».

 

 

 
 
  

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