Concours « Pas si toqués : je cuisine, je cantine »
dans les prisons du Sud-ouest
Initié en 2007 par la section formation professionnelle de la direction interrégionale des services pénitentiaires de Bordeaux (DISP), le concours de cuisine « Pas si toqués : je cantine, je cuisine » qui avait débuté le 20 juin, s’est achevé le 30 novembre avec la finale.
Cofinancé par la DISP de Bordeaux et par le conseil régional d’Aquitaine, le concours était encadré par l’APES 24 et l’AFEC (organismes de formation) . La finale s’est déroulée à la maison d’arrêt de Bayonne où 4 stagiaires finalistes ont réalisé un saint-honoré devant un jury de professionnels étoilés.

Fresque réalisée par une personne détenue de la maison d'arrêt de Périgueux
3 Questions à Marie-Hélène Gazaille : Responsable de la section formation professionnelle des personnes détenues à la DISP de Bordeaux.
Quel était l’objectif de ce concours ?
MHG : « Il s’agissait de fédérer les personnes détenues engagées dans un processus de formation autour d’un événement pour mettre en pratique les enseignements acquis et rencontrer des acteurs du monde de la restauration. Des hommes et femmes détenus ont participé à ce concours. En 2010, 193 hommes détenus de 7 établissements de la DISP de Bordeaux ont suivi la formation qualifiante « agent de restauration ». L’objectif était de valoriser le dispositif de formation et continuer à informer les stagiaires sur les filières de formation dans le secteur de l’hôtellerie et de la restauration ».
Comment s’est déroulé le concours ?
MHG : « Dans une ambiance très studieuse. Les personnes détenues stagiaires (hommes et femmes) avaient à cœur de réussir leurs desserts réalisés le plus souvent avec des produits alimentaires disponibles en détention.
Sous le regard d’un jury de professionnels (Michel Guérard, Richard Filippi, Raymond Casau et Thierry Bamas), ce concours a permis aux personnes détenues de développer des compétences en prison transférables à l’extérieur, ce qui facilitera leur sortie. Il a aussi permis de construire un lien entre l’intérieur et l’extérieur ».
Ce concours participe donc à la réinsertion des personnes détenues ?
MHG : « Indéniablement. La formation professionnelle et ce type de concours donnent aux personnes détenues le goût de l’effort et leur ouvrent des perspectives vers les métiers de la restauration. Certains chefs ont embauché des personnes détenues à leur sortie ou se sont impliqués personnellement dans la préparation de leur sortie.
De notre côté, nous continuons à mettre en place des ateliers grands-chefs dans les formations d’agents de restauration et espérons pouvoir renouveler le concours en 2012 ».