Ministère de la Justice
 
 

26 novembre 2013

Concours de surveillant pénitentiaire

Deux surveillants parlent de leur métier

Frederick, surveillant à la maison d’arrêt d’Osny (95) et Salif, surveillant «référent mouvements» à la maison d’arrêt de Lyon-Corbas (69) répondent à quelques questions sur leur métier, leur parcours et leur évolution au sein de l’administration pénitentiaire.

crédit photo DICOM

Agé de 31 ans, Frédérick a obtenu un BTS force de vente (BAC+2) avant d’intégrer l’administration pénitentiaire en tant que surveillant. A 26 ans, il a intégré la maison d’arrêt d’Osny en 2009. Salif, lui, a intégré l’administration pénitentiaire en 2007. Père de famille et âgé de 42 ans, il a auparavant travaillé en tant qu’éducateur à la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ). Depuis 2012, il occupe la fonction de surveillant «référent mouvements» au sein de la maison d’arrêt hommes de Lyon-Corbas.

1-Qu’est-ce qui vous a poussé à devenir surveillant pénitentiaire ?

Frédérick :  «Dans ma région d’origine, il n’y avait pas beaucoup d’emplois. J’ai vu l’annonce du concours de surveillant pénitentiaire.  J’ai été attiré par le salaire de 1 400 euros nets en début de carrière, la sécurité de l’emploi avec un statut de fonctionnaire et une évolution de salaire tous les 2 ans par système d’échelon. J’ai réussi le concours et j’ai suivi une formation intéressante à l’ENAP (l’école nationale d’administration pénitentiaire) qui alternait cours théoriques et stages pratiques sur le terrain où j’ai appris le métier de surveillant. C’est pendant les stages que l’on sait si le métier de surveillant est fait pour nous. A l’issue de mes 2 stages, je suis arrivé à la maison d’arrêt d’Osny où j’ai été accueilli par un formateur qui a su m’intégrer à une équipe soudée au sein de laquelle j’ai pu m’épanouir.

Salif :  «Auparavant je travaillais comme éducateur pour la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ). Je visitais des majeurs incarcérés en prison. Mais je voulais leur apporter plus en les aidant à se réinsérer dans la société. L’une des missions de l’administration pénitentiaire est de contribuer à leur réinsertion. Dans ce cadre, je peux travailler en collaboration avec les différents acteurs de la détention et la réinsertion : service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP), enseignants, moniteurs de sport, médecins et les associations».

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2-Quelles sont vos principales missions ?

Frédérick :  «Les principales missions d’un surveillant sont la surveillance et le maintien de la sécurité au sein d’un établissement. Nous avons également une mission de réinsertion des personnes détenues. Elle est parfois difficile mais pas impossible.
Je travaille actuellement avec l’équipe des parloirs où j’accueille les familles de personnes détenues. Chaque jour, je dois me remettre en question et m’adapter, car c’est un secteur sensible de l’établissement».

Salif :  «J’ai intégré l’administration pénitentiaire en 2007. A mon arrivée, j’ai eu la chance d’occuper différents postes où l’on m’a fait confiance notamment au quartier arrivants (il s’agit du quartier où les personnes prévenues ou condamnées arrivent et où elles rencontrent l’ensemble des acteurs de l’établissement : chef d’établissement, CPIP, enseignant, médecin), au pôle PSE (placement sous surveillance électronique) et également au sein de l’établissement (distribution des repas aux personnes détenues, gestion de la téléphonie, etc.). Depuis 2012, j’occupe le poste de surveillant «référent mouvements» au sein de la détention hommes où je suis en charge de la surveillance des personnes détenues. Dans l’administration pénitentiaire, on peut occuper différents postes à différents échelons de la détention».

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3- Qu’est-ce que vous apporte votre métier dans la vie de tous les jours ?

Frédérick :  «Je dois me remettre en question tous les jours dans mon travail et mon rapport aux personnes détenues. A mon arrivée à la maison d’arrêt d’Osny, j’ai appris à respecter mes collègues de travail mais également les personnes détenues. J’ai appris à les écouter sans les juger. Il me permet aussi de bénéficier d’un revenu fixe et de la reconnaissance de mes amis et ma famille qui trouvent que c’est un métier dur mais nécessaire à la société».

Salif :  «Ce métier plonge parfois l’individu dans les maux de la société mais y être confronté aide à relativiser les problèmes du quotidien. Il me permet aussi de me remettre quotidiennement en question afin de mieux comprendre la nature humaine. Il m’a aussi appris la patience et je trouve que c’est une qualité dans la vie pour avancer, surtout que je suis père de 3 enfants».

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Crédit photo DICOM 

4-Comment vous voyez-vous évoluer au sein de l’administration pénitentiaire ?

Frédérick :  «L’administration pénitentiaire offre une grande diversité de postes. Pour ma part, je souhaiterais devenir premier surveillant, c’est-à-dire pouvoir encadrer les autres surveillants et en être le référent. J’ai également essayé de passer le concours de lieutenant pénitentiaire, accessible à BAC+2, qui est un poste d’officier. Je n’exclus pas également de retourner dans ma région d’origine, le Nord, grâce aux dispositifs de mobilité mis en place par l’administration pénitentiaire. J’ai aujourd’hui une famille à charge et mon ambition est tout à fait compatible avec mes responsabilités».

Salif :  «Je souhaiterais passer le concours de premier surveillant afin d’avoir plus de responsabilité et d’apporter mon expérience et mon savoir-faire aux agents qui seront sous ma responsabilité, afin qu’ils s’adaptent au mieux à cet environnement. Ce concours est accessible après 6 ans d'ancienneté. Après admission, les premiers surveillants retournent en formation pendant environ 10 semaines».

>> Voir les évolutions possibles à l’administration pénitentiaire

5-Quels conseils donneriez-vous à un candidat au concours de surveillant pénitentiaire ?

 

Frédérick :  «Il ne faut pas hésiter, c’est une aventure qui permet de grandir aussi crédit photo DICOMbien professionnellement que personnellement. C’est un métier humain qui apprend la solidarité et le travail en équipe. Je conseille à un candidat de foncer aussi car c’est un métier qui permet d’avoir une sécurité de l’emploi».


Salif : «Le métier de surveillant a beaucoup évolué. Le surveillant ne fait plus qu’ouvrir des portes. Je conseille aux futurs candidats d’apprendre à être à l’écoute des autres puisque la base de ce métier repose sur l’échange. Il faut aussi faire preuve d’humilité dans cet univers».

Vous pouvez vous inscrire au concours de surveillant pénitentiaire jusqu’au 2 décembre minuit (sous réserve de respecter certaines conditions).

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