Ministère de la Justice
 
 

06 mars 2015

Prix Jean Carbonnier 2014

Pour le 10ème anniversaire du Prix, une thèse sur la condition animale est récompensée

C’est dans la salle des autorités de la Sorbonne que le Prix Jean Carbonnier 2014 a été décerné à Pierre-Jérôme Delage, en présence des membres du jury, de la mission droit et justice, des membres de la famille Carbonnier et des proches des lauréats.   

Prix Jean Carbonnier 2014 © MJ/DICOM« Le Prix Carbonnier marque l’attachement de la mission de recherche droit et justice non seulement à la pensée du doyen Carbonnier mais aussi à son action. La mission a cette fonction d’assurer l’interface entre le ministère de la Justice et le monde de la recherche et de l’université» souligne Sandrine Zientara, directrice de la mission de recherche droit et justice, avant de rappeler que « la mission s’efforce de garantir la pluridisciplinarité des approches et le décloisonnement des savoirs, combat de Jean Carbonnier ». La composition du  jury 2014, présidé par le professeur Loïc Cadiet, témoigne de cette exigence de dialogue entre les praticiens du droit et les chercheurs de disciplines différentes.   

« Les cérémonies précédentes avaient eu lieu, tantôt au Conseil d’Etat, tantôt à la Cour de cassation, voire au Ministère de la justice. Ces lieux prestigieux sont parfaitement honorables, mais il était temps que ce prix qui rend hommage à celui qui fut, à mes yeux, un des plus grands, sinon le plus grand professeur de droit de la deuxième moitié du 20ème siècle, fut remis dans une enceinte universitaire » estime le professeur Loïc Cadiet, président du jury.

 

Pierre-Jérôme Delag, lauréat 2014 du prix Carbonnier © MJ/DICOMCette année, le Prix Jean Carbonnier qui fête ses dix ans, récompense Pierre-Jérôme Delage pour sa thèse « La condition animale. Essai juridique sur les justes places de l’Homme et de l’animal » qui a pour ambition de s’emparer du statut de l’animal en droit. Cette thèse pluridisciplinaire propose de situer la condition juridique de l’animal qui  « n’est ni Homme, ni simple substance étendue », « dans un entre-deux, entre le tout de la dignité et de la personnalité physique (qui doivent demeurer exclusivement humaines) et le rien de la choséité pure (à laquelle la bête sensible ne saurait jamais plus être légitimement ramenée) ».

Il s’agirait alors non pas de sortir l’animal de sa condition de chose sur le plan civil, mais plutôt de réprimer toute atteinte à l’esséité (du latin esse – être, essence) de l’animal sur le plan pénal. Autrement dit, de reconnaître en lui une qualité intangible et irréductible : sa sensibilité d’individu vivant et souffrant. Un état que l’Assemblée Nationale, il y a peu, a érigé en principe dans le Code civil en reconnaissant la qualité d’ « êtres vivants doués de sensibilité » aux animaux.

Rappelant « l’intervention inlassable du droit contre les briseurs d’humanité », Loïc Cadiet met en exergue qu’« il n’y a pas de petits progrès en la matière. Le président du jury cite alors la loi n° 2015-177 du 16 février 2015 relative à la modernisation et à la simplification du droit et des procédures dans les domaines de la justice et des affaires intérieures : « Les animaux sont des êtres vivants doués de sensibilité. Sous réserve des lois qui les protègent, les animaux sont soumis au régime des biens ».

« Votre très beau travail s’inscrit dans la tradition de Jean Carbonnier car c’est une thèse qu’on peut qualifier d’humaniste » assure la directrice de la mission de recherche droit et justice.

 

Jérémie Van Meerbeeckg, mention spéciale - prix Carbonnier 2014 © MJ/DICOMFait exceptionnel, le jury a également attribué une mention spéciale à une autre thèse «  très stimulante pour l’esprit » selon Sandrine Zientara, celle de Jérémie Van Meerbeeck : « Le principe de sécurité juridique dans la jurisprudence des juridictions de l’Union européenne ».

« Les deux thèses que le jury du Prix Carbonnier a souhaité distinguer, ont beaucoup en partage. La vaste culture de leurs auteurs, au-delà du droit dogmatique, au-delà même de la sphère juridique, l’originalité de l’opinion qu’ils y défendent au service d’une conception humaniste du droit, la qualité des analyses qu’ils y conduisent dans un registre interdisciplinaire, leur capacité à traduire de puissantes réflexions théoriques en perspectives réformatrices, sans oublier l’élégance de leur plume, signalaient particulièrement ces thèses à l’attention des membres du jury » conclut Loïc Cadiet. 

Créé en 2005 par le ministère de la Justice et le CNRS, à l’initiative de la Mission de recherche Droit et Justice, le Prix Jean Carbonnier récompense des travaux qui portent sur le droit ou la justice, quelle que soit la discipline des sciences humaines et sociales concernée. Il récompense uniquement les premières recherches ou travaux en droit et accorde au lauréat une dotation d’un montant de 5 000 euros.

Accéder au prix Jean Carbonnier 2013

 
 
  

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