Ministère de la Justice
 
 

25 octobre 2016

Sécuriser les prisons et lutter contre la radicalisation

Jean-Jacques Urvoas, garde des Sceaux, ministre de la Justice, a annoncé les décisions et mesures pour la sécurisation des prisons et contre la radicalisation violente en détention lors d’une conférence de presse tenue à la Chancellerie, mardi 25 octobre 2016.

Lire les décisions et mesures

Lire le discours du ministre

 

Le plan d’action se construit autour de trois objectifs :

Améliorer la sécurité pénitentiaire

« Une sous-direction dédiée à cette question verra le jour dès février 2017, regroupant les différents bureaux existants ; pour enrayer l’augmentation des violences en détention des équipes de sécurité pénitentiaire vont être créées ».

« Un plan pluriannuel de recrutements sera défini et les agents seront armés pour toute mission extérieure », Jean-Jacques Urvoas. 

58,6 M€ sont destinés à la sécurité des établissements pénitentiaires dans le Projet de Loi de Finances 2017.

Accroître nos capacités de détection

8 M€ permettront  de développer le renseignement pénitentiaire et protéger les personnes détenues, garantir le respect de l’ordre public. Ainsi les effectifs du renseignement pénitentiaire sont augmentés (51 recrutements). Des outils technologiques (tels que les IMSI catcher) seront rapidement acquis et placés dans les établissements.

Assurer une prise en charge adaptée

Cette prise en charge doit être conçue tant du point de vue de la détention qu’en matière d’accompagnement de la personne radicalisée.

« Au 1er janvier 2016, un dispositif expérimental débutait au sein de la direction de l’administration pénitentiaire. Et en particulier au sein de 4 établissements (UPRA) pour faire face à cette situation nouvelle : Fresnes, Fleury-Mérogis, Osny et Lille-Annoeullin. » a  déclaré le Garde des Sceaux. Il a tenu à saluer le travail accompli par l’administration pénitentiaire dans ces structures et pour sa capacité de réaction, d’innovation, de conceptualisation et de réalisation.

5 mesures concrètes pour lutter contre la radicalisation

Les cinq Unités de prévention de la radicalisation (UPRA) vont céder la place à 6 quartiers d'évaluation de la radicalisation (4 en région parisienne, 1 dans la région de Bordeaux, et 1 dans la région de Marseille) où seront placés une centaine de détenus au total, pour une durée de 4 mois. Cette évaluation permettra d’orienter les détenus suivant la répartition ci-dessous.

Les quelque 300 profils identifiés comme les « violents et prosélytes » seront soumis à un régime de détention proche de l'isolement (fouilles régulières, changements de cellule, limitation des effets personnels).

« Les détenus feront l’objet d’un suivi individualisé, d’une prise en charge spécifique, et d’une évaluation - au moins – biannuelle » a expliqué Jean-Jacques Urvoas.

Chiffres clés :

349 auteurs d’infraction à caractère terroriste actuellement en détention (contre 90 en 2014) dont : 31 femmes, 18 mineurs, 33 détenus particulièrement signalés et 55 placés à l’isolement (cette dernière catégorie est en progression)

1336 détenus identifiés comme radicalisés (contre 700 en 2015)

359 probationnaires radicalisés suivis par l’administration pénitentiaire en milieu ouvert dont 125 en contrôles judiciaires

« Pour les détenus au profil ne nécessitant pas l’encadrement maximum, un dispositif de prise en charge spécifique sera créé dans 27 établissements sur tout le territoire » a indiqué le ministre de la Justice. 

« Les conditions de sécurité seront supérieures à celles pratiquées classiquement et un renfort de personnels sera apporté mais ils continueront à fréquenter les autres incarcérés afin que celle-ci exerce une forme de pression sociale » a-t-il précisé.

90 conseillers pénitentiaires d’insertion et de probation (CPIP) contractuels seront recrutés pour compenser le travail des référents « prévention de la radicalisation violente » qui seront désormais « chargé d’assurer en priorité le suivi des individus signalés comme radicalisés  dans chaque service pénitentiaire. Ces recrutements s’ajoutent aux 1 100 déjà actés » a rappelé Jean-Jacques Urvoas.

L’autre défi à relever : préparer et accompagner les sorties de prison. Le garde des Sceaux propose « la création d’une formation spécialisée de l’état-major de sécurité départemental afin de la consacrer aux seuls sujets pénitentiaires ».  Des instances de prise en charge en milieu ouvert des personnes radicalisées placées sous-main de justice seront également créés. Une structure baptisée « RIVE » (recherche intervention contre la violence extrémiste) sera lancée en Île-de-France en décembre ; elle «a vocation à être étendue à l’ensemble du territoire si les résultats sont probants » a conclu Jean-Jacques Urvoas.

 

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