Ministère de la Justice
 
 

30 septembre 2015

Séminaire des cadres de la PJJ

Christiane Taubira : « Cette confiance, vous la méritez »

La garde des Sceaux a ouvert le 29 septembre à Saint-Ouen la deuxième journée du séminaire des cadres dirigeants de la protection judiciaire de la jeunesse, placé cette année sous le thème « des orientations au service de tous ». L'occasion de rendre hommage au travail de ces professionnels « qui combinent exigence et bienveillance » en présence de la directrice de la PJJ, Catherine Sultan.

Séminaire des cadres de la PJJ - Crédits photo: MJ/DICOM/Caroline MontagnéC’est après la projection d'un documentaire audiovisuel illustrant les nombreux projets éducatifs de la PJJ que la ministre prend la parole devant 400 cadres rassemblés pour l'occasion. « Vous travaillez sur la plus belle des matières, la matière humaine. Nous avons conscience du travail que vous effectuez » tient à leur témoigner Christiane Taubira. « C'est vous qui aidez à concevoir et qui faites vivre la prise en charge de la jeunesse en danger et de la jeunesse délinquante" rappelle-t-elle. Des propos qui entrent en résonance avec le florilège de photographies illustrant toute la dimension éducative des interventions de la direction, à travers des moments d'activités sportives, de théâtre, peinture, escrime, cuisine…

Portant un intérêt particulier à la justice des mineurs dès son arrivée à la Chancellerie, la garde des Sceaux a fait réaliser un état des lieux de la situation de la délinquance juvénile ainsi que du traitement judiciaire et éducatif de la jeunesse. "Ce qui en ressort, c'est qu'il y a une part de la jeunesse qui est exclue et qui a conscience de cette exclusion. C'est cela que la PJJ vient réparer » souligne-t-elle.

« Que deviennent les jeunes après la prise en charge de la PJJ ? Plus de 50% d’entre eux n’auront à faire qu’une fois à la justice pénale. Un tiers reviendra devant la justice pénale au moins une fois. 10 % d’entre eux s’installent dans un parcours chaotique de délinquance. L’objectif est de conduire la jeunesse vers un parcours de responsabilité » explique la ministre. Et de rappeler la priorité : le parcours global. « Il faut penser la prise en charge du jeune dans une continuité » précise t-elle, mettant en avant « la diversité de la prise en charge, la diversité des réponses mises à la disposition de la PJJ et des juges » afin de répondre « dans le temps nécessaire à la prise en charge et l'accompagnement, nécessaire à l’efficacité de la sanction, nécessaire à l’efficacité de l’éducation ».

La garde des Sceaux souligne également l’importance du travail avec les partenaires : éducation nationale, hôpitaux, lieux de loisirs, employeurs… , car il donne les conditions pour individualiser les réponse apportées à ces jeunes. C’est dans cette optique que plusieurs expérimentations ont été mises en place à la PJJ. Parmi elles, le programme Isis qui concerne les personnes présentant un handicap.

« Les résultats que vous présentez montrent à quel point il y a une préoccupation qualitative dans la prise en charge, il y a un courage moral à interroger les pratiques professionnelles. Cette confiance, vous la méritez » adresse la garde des Sceaux aux professionnels de la PJJ, « vous avez réussi à faire de la PJJ un pôle de compétences : protection de l'enfance, prévention de la délinquance, lutte contre l’exclusion et le décrochage scolaire et prévention de la radicalisation violente ».

Avant de conclure, la ministre insiste sur la nécessité de réformer l’ordonnance de 1945 : « il faut repenser le cadre normatif, notre justice des mineurs nous la voulons spécialisée. C’est la grandeur de ce pays d’avoir une justice des enfants et des adolescents qui ne soit pas la justice pour les majeurs. Nous voulons revenir à cette spécialisation, pas seulement dans la proclamation mais dans les faits ».

« Ce qui m’apporte le plus grand bonheur, c’est d’avoir la responsabilité de la protection judiciaire de la jeunesse et d’avoir surtout dans cette administration, dans ses directions, sur le terrain, des personnes d’une si grande qualité » confie Christiane Taubira avant de laisser place à une riche journée de réflexion et de débat.

 

A savoir  

En 2014, 136 091 jeunes ont été pris en charge par la protection judiciaire de la jeunesse.

La même année, 234 000 mineurs ont été impliqués dans une affaire pénale en France, ce qui correspond à 3,6% de la population de moins de 18 ans. Près de la moitié de ces jeunes a entre 16 et 17 ans. Moins de 50% des infractions commises par ces jeunes concernent des infractions aux biens sans violence. 24 % concerne les attentes aux personnes, avec violence légère ou grave. 18 % concerne l’usage ou la détention de stupéfiant. 9 % de la population juvénile délinquante a moins de 13 ans.

Les réponses judiciaires à la délinquance juvénile sont devenues systématiques : en 2014, le taux de réponse pénale était de 93,5% (contre 60% en 1994)

 
 
  
 
 
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