Ministère de la Justice
 
 

14 janvier 2015

Lutte contre la radicalisation et le prosélytisme en détention

Un ensemble de mesures aujourd’hui renforcées

 

De nombreux dispositifs ont été mis en œuvre par la Chancellerie ces dernières années afin d'identifier et de prendre en charge les personnes qui se radicalisent. « Depuis notre arrivée au Gouvernement, nous prenons la question très au sérieux et nous continuons d'agir » a assuré la garde des Sceaux à l'occasion de son déplacement à la maison d'arrêt de Fresnes, le 13 janvier 2015. Recrutement de surveillants et d’aumôniers, renforcement du renseignement pénitentiaire, développement de formations dédiées : un ensemble de mesures qui se trouvent aujourd’hui renforcées.

La lutte contre la radicalisation et le prosélytisme en détention est un enjeu majeur. Les événements tragiques de ces derniers jours l'ont prouvé une fois de plus. Pour autant, il paraît nécessaire de prendre du recul. Le débat doit être ramené à sa juste proportion comme l'a rappelé la ministre : « seules 16 % des personnes emprisonnées pour des faits de terrorisme djihadiste avaient déjà été incarcérées » a-t-elle souligné.

Un dispositif actuellement expérimenté à Fresnes

En septembre 2014, une expérimentation a été lancée à la maison d'arrêt de Fresnes afin de lutter contre la radicalisation et le prosélytisme en prison. Une vingtaine de personnes ayant commis des actes en lien avec le terrorisme ont été regroupées et mises à l'écart du reste des personnes détenues. « Cela permet de suivre et de gérer plus efficacement les personnes qui se radicalisent et de protéger les autres personnes détenues » a expliqué Christiane Taubira lors du point presse. « Ces dernières sont plus apaisées et moins sous pression » a précisé le directeur de l'établissement, Stéphane Scotto. La Chancellerie suit de près cette expérimentation. Une inspection sera probablement organisée afin de savoir quels sont les enseignements à tirer et si le dispositif doit être généralisé et dans quelles conditions.

Outre cette expérimentation, il existe de nombreux dispositifs destinés à lutter contre la radicalisation et le prosélytisme en détention. Le renseignement pénitentiaire, qui permet une remontée systématique d'informations, a notamment été renforcé, structuré et professionnalisé. Les 9 directions interrégionales de l'administration pénitentiaire (plus la mission Outre-mer) disposent ainsi d'un ou deux officiers de renseignement pour les plus importantes. Les membres de l'administration pénitentiaire participent aussi aux états-majors de sécurité départementaux et aux réunions dédiées à la lutte contre la radicalisation organisées au ministère de l'Intérieur. Désormais, tous les établissements sensibles bénéficieront d'un personnel à temps plein chargé du renseignement.

Des moyens accrus

Les effectifs des personnels de surveillance et des aumôniers musulmans ont été par ailleurs renforcés entre 2012 et 2014. Les recrutements d'aumôniers vont se poursuivre en 2015, 2016 et 2017, à raison d'une vingtaine par an. « Ils auront tous une formation sur la prévention de la radicalisation et sur la laïcité » a précisé la garde des Sceaux. Tous les personnels impliqués dans l'identification et la prise en charge des personnes qui se radicalisent seront en outre formés. La Chancellerie travaille aussi à la mise en place de programmes avec l'Education nationale pour tous les jeunes détenus et de modules sur la laïcité et la citoyenneté pour toutes les personnes entrant en prison. Un plan de 33 millions d'euros a été également dégagé afin de sécuriser les établissements pénitentiaires. Cette dynamique va se poursuivre avec la mise en place de brouilleurs de téléphones portables dans tous les établissements sensibles.

 

 

© MJ - DICOM - Caroline Montagné

 
 
  
 
 
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