Ministère de la Justice
 
 

17 juin 2015

La ministre aux Assises nationales de la protection de l’enfance

"Je souhaite une prise en charge collective, globale et solidaire du jeune par tous les professionnels"

La garde des Sceaux était à Rennes pour la 2ème journée des 8èmes Assises nationales. Après avoir été accueillie chaleureusement par des collégiens, la ministre a assisté à la dernière table ronde avant de s’adresser aux professionnels de la protection de l’enfance : secteur associatif et justice, organismes divers, conseils départementaux.

Assises nationales de Protection de l'enfance

C'est devenu un rendez-vous incontournable pour les acteurs de la protection de l’enfance, et ils étaient nombreux au Liberté, grande salle de spectacles de la ville pour cette nouvelle édition des Assises nationales. L’occasion pour la ministre de s’adresser à eux : «  Je suis très heureuse d’être venue jusqu’à vous, pour avoir le privilège de vous parler. Je sais que dans la salle, vous êtes de tous les métiers qui interviennent auprès des enfants. Je suis avec vous cette année encore pour vous dire que je sais quels efforts vous déployez tous les jours pour assurer la protection de l’enfance, et on ne vous le dit pas assez, merci ».Il était important pour Christiane Taubira en sa qualité de garde des Sceaux de rappeler la part que prend la justice dans le champ de la protection des enfants, qui ne relève pas uniquement des conseils départementaux.  « L’expérience que nous avons est que les enfants en danger sont souvent les enfants qui commettent des actes de délinquance et inversement que des enfants qui commettent des actes de délinquance sont des enfants en danger qui appellent une protection » a souligné la ministre, rappelant que « 88 % des placements qui sont mis en œuvre par les conseils départementaux émane d’une décision de justice, qui est une décision du juge des enfants et que dans les mesures de milieu ouvert, 70% d’entre elles, le sont dans le cadre judiciaire. Le juge des enfants reçoit donc à la fois les enfants qui sont en danger et les enfants qui sont auteurs d’actes délictueux.  Il a une connaissance fine de ces enfants, dans la totalité de leur parcours, dans la globalité, la complexité de leur personnalité ».

La ministre a insisté sur l’importance d’accepter la complexitéd es situations auxquelles sont confrontés les professionnels de la protection de l’enfance : « cette complexité vous la connaissez et vous y apportez des réponses tous les jours. Nous, au niveau des institutions, nous devons au moins en faire autant ». Pour Christiane Taubira « il faut avoir le courage de prendre en charge un enfant dans le cadre d’un parcours. Le parcours est un vrai choix politique au sens le plus noble de la politique. Il faut que nous soyons en capacité de prendre en charge et d’assurer le suivi du mineur. La pression qui consiste à dire il faut faire très vite n’est pas réaliste et il faut qu’on vous dégage de cette pression là ».

Dans la logique du parcours, il y a un cap fatidiquepour l’adolescent: la majoritéqui est l’âge pénal. La ministre est revenue sur l’angoisse du mineur à ce moment qui est aussi « une violence pour le travail qui est fait par les professionnels » car il est « à la fois absurde et dangereux de mettre un terme à un projet, un programme, un accompagnement qui devrait s’arrêter brutalement le jour du 18ème anniversaire alors que parfois il faudrait quelques mois de plus pour accompagner un jeune jusqu’à ce qu’il ait reconquis son autonomie ».

« Vous les professionnels vous avez bien compris, qu’une des raisons de l’efficacité de votre travail, c’est bien d’articuler vos actions avec celles des autres qui agissent auprès des enfants. Nous devons améliorer le cadre législatif, institutionnel, réglementaire et pratique qui doit faciliter ce travail transversal que vous effectuez » soutient la garde des Sceaux. C’est pour cela que dans le cadre de l’évaluation de  la gouvernance de la protection de l’enfance, le ministère de la justice a travaillé avec le secrétariat d’Etat délégué à la famille et l’association des départements de France pour produire un rapport qui présente des recommandations, demandant une meilleure visibilité de la politique de la protection de l’enfance, proposant également un pilotage collectif et suggérant un renouvellement des pratiques professionnelles. Une proposition de loi des sénatrices Meunier et Dini sur ce sujet est d'ailleurs actuellement en débat au Parlement.

La ministre a ensuite conclu son intervention : "Chaque enfant compte, et nous n'allons pas nous laisser tétaniser par ceux qui ont peur des enfants de leur pays" avant d'être ovationnée par le public et d'assister ensuite au spectacle de clôture "Cup song" des élèves du collège Camille Guérin de Saint-Méen-le-Grand.

Organisés par le Journal de l’Action Sociale,  en collaboration avec l’Observatoire national de l’action sociale (Odas) et les Départements des Côtes d’Armor, d’Ille-et-Vilaine, du Finistère, du Morbihan, ces deux jours de réflexions et d’échanges qui se sont déroulés les 15 et 16 juin 2015 avaient pour thème : « Parcours en protection de l’enfance - Protéger c’est prendre des risques. Comment mieux les assumer pour mieux agir ? ».

La dernière édition des Assises s’achevait sur le témoignage de jeunes ayant été accompagnés dans le cadre de l’aide sociale à l’enfance sur les forces et faiblesses. Il s’agissait cette année, en s’attachant plus spécifiquement aux faiblesses, de débattre des pistes d’amélioration souhaitables et de découvrir les innovations possibles et existantes. L’Objectif : améliorer les parcours de ces jeunes et donc leur protection en leur qualité d’enfant mais aussi de futur adulte. Or, quel que soit l’angle d’analyse, cette ambition croise toujours la question de la prise de risques, à des degrés divers et sous toutes ses formes.

 

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