Ministère de la Justice
 
 

09 décembre 2014

Remise du Prix des Droits de l’homme de la République française

Protéger les défenseurs des droits de l’homme

Christiane Taubira, garde des Sceaux, et Christine Lazerges, présidente de la Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH) ont remis le Prix des droits de l’Homme de la République française 2014 à 5 associations qui luttent pour la défense des droits de l’homme dans le monde.

Les lauréats - Crédits photo : MJ/DICOM/Caroline Montagné

« Nous sommes extrêmement attachés à ce prix parce qu’il est chargé d’un message d’une puissante valeur » a déclaré la garde des Sceaux, soulignant les « engagements locaux, nationaux, européens et internationaux » des lauréats. C’est la seconde fois que le prix des droits de l’homme de la République française, « Liberté-Egalité-Fraternité » qui récompense des actions de terrain, sans distinction de nationalité ou de frontière, est remis par Christiane Taubira à la Chancellerie.

« Ce Prix des droits de l’homme encourage celles et ceux qui résistent à la progression de l’obscurantisme » a affirmé la ministre, avant d’ajouter « Nous saluons avec une bienveillance particulière celles et ceux qui osent relever ce défi parce qu’il y a des pays où oser protéger, réclamer le respect des droits de l’homme, se fait au prix de sa vie et très souvent au prix de sa liberté ».

Énonçant l’article 1 de la Déclaration universelle des droits de l’homme qui proclame : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits » Christine Lazerges a rappelé que ce prix « vise à défendre tous ceux qui, au péril de leur vie et de leur liberté, essayent de faire de cet idéal commun une réalité pour tous ». Pour elle, la médaille remise aux lauréats représente « l’engagement de la France à protéger les lauréats lorsqu’ils sont menacés » à cause de leur action en faveur des droits de l’homme. La présidente de la CNCDH a mis en exergue la valeur protectrice du prix et formulé deux recommandations. La première est que les postes diplomatiques dans les pays des lauréats « prennent très au sérieux » la protection de ces derniers. La  seconde concerne la délivrance sous l’autorité des ambassades de visa de protection pour les lauréats du Prix « qui auraient besoin de se mettre en sécurité ».

La garde des Sceaux a souligné que la CNCDH assure depuis 1988 « toute l’instruction, toute la recherche exploratoire d’actions de terrain et de projets méritants, avec beaucoup de finesse et de subtilité dans la sélection [..] En 25 ans, 170 associations ont été récompensées et elles viennent de tous les coins du monde ».

« Les combats que vous menez sont des combats que nous saluons et que nous respectons » a assuré Christiane Taubira. « J’ai bien entendu vos recommandations et nous allons veiller à ce que tout notre réseau consulaire soit vigilant quant à la protection des lauréats au cas où ils feraient l’objet de pression ou de menace. Nous allons effectuer un travail avec le Ministère des Affaires Étrangères pour que ces consignes probablement sous forme de circulaire soient rappelées de façon très forte et très vive ».

« Nous devons faire en sorte que ces droits de l’homme entrent vraiment dans la pratique quotidienne et se banalisent » a préconisé la garde des Sceaux avant de rappeler la signature par la France du 3ème protocole de la convention des droits de l’enfant à l’ONU le 20 novembre 2014 et la ratification par la France, le 4 juillet 2014, de la Convention d’Istanbul, convention sur la prévention et la lutte contre la violence à l'égard des femmes et la violence domestique.

« Il y a lieu de maintenir vive la flamme de ce combat et c’est ce que vous faites et je veux vous adresser mes chaleureuses félicitations » a conclu la ministre avant de remettre, en présence de Jacques Toubon, Défenseur des droits et des autres membres de la CNCDH, une médaille aux cinq lauréats, représentants d’organisations non gouvernementales (ONG).

Les cinq lauréats distingués recevront une dotation de 14 000 € chacun pour mener à bien leur projet qui portent sur les deux thèmes choisis par le jury cette année : la traite et l’exploitation des enfants d’une part et l’accès des femmes dans la vie politique, économique, sociale et culturelle d’autre part :

La traite et l’exploitation des enfants

La garde des Sceaux a remis le Prix des droits de l’homme à Aurélie Socias, représentante  de l’ONG française Sengsavang (anciennement nommée AFESIP Laos). Leur projet consiste à faire de la prévention auprès des enfants et des jeunes filles risquant d’être victimes de traite et d’exploitation sexuelle au Laos, à accueillir les victimes dans des refuges où elles seront soignées et formées professionnellement et à sensibiliser les autorités gouvernementales. Depuis 2006, l’association a déjà accueilli 421 jeunes filles dans ses centres de réintégration. Le jury a souhaité saluer ce projet qui répond à un besoin prioritaire dans ce pays du Sud-Est asiatique particulièrement menacé par la traite et l’exploitation des enfants.

Agnès Razafindramanga Leteurtre a reçu le Prix des droits de l’homme au nom d’Enfance et malnutrition, association à but non lucratif qui travaille à Antananarivo à Madagascar et qui aide les familles sans-abris et leurs enfants malnutris. Créée en 2008, l’association dispose de 12 structures d’accueil et agit actuellement auprès de 3 150 personnes, dont 720 familles, 963 femmes et 710 enfants de moins de 5 ans. Leur projet prévoit la création d’un centre d’apprentissage technique pour 40 jeunes filles malgaches afin de les préserver des réseaux de la traite et d’exploitation, et de l’esclavage domestique. Initié sous l’impulsion de villageois malgaches, le projet est aujourd’hui porté par une centaine de villageoises.

Le Prix des droits de l’homme a été remis à Patricia Beltran, représentante d’Enda El Alto, association de défense et de réinsertion de mineurs, créée en 1988. Seule ONG à intervenir à El Alto, immense bidonville de plus de 850 000 habitants, leur projet consiste à réinsérer des jeunes filles en situation d’exclusion en Bolivie par la recherche et la diffusion d’informations, la protection dans des centres d’accueil et le suivi juridique. Le jury a salué l’approche participative, impliquant différents groupes cibles à chaque étape ainsi que la collaboration avec d’autres organisations non gouvernementales pour la mise en œuvre d’actions de prévention et de plaidoyer communes.

L’accès des femmes dans la vie politique, économique, sociale et culturelle

Mokhtar Bassant a reçu le Prix des droits de l’homme au nom de la Fondation Gozour (qui signifie « racines ») organisation égyptienne à but non lucratif qui vise à soutenir les progrès réalisés par les femmes et les hommes qui cherchent à se revitaliser et devenir des éléments productifs de la société ». Leur projet consiste à émanciper vingt égyptiennes âgées de 19 à 35 ans pour développer leurs compétences de leadership et leur permettre d’être parties prenantes de l’administration politique et publique du pays. Le jury a estimé important de soutenir le changement social en Egypte qui, bien qu’en pleine transition, demeure encore largement une société patriarcale.

Le Prix des droits de l’homme a été remis à  Harivola Rakotoarindrasata représentante de Focus Development Association, créée en 1993 suivant une approche basée sur les droits. Ses interventions sont orientées vers les groupes les plus vulnérables dans un contexte où la pauvreté frappe la majorité écrasante de la population malgache. Leur projet consiste à institutionnaliser le principe de représentation proportionnelle des hommes et des femmes aux postes clés à Madagascar et à mettre en place un mécanisme d’appui aux femmes accédant aux postes de décision.

Cinq mentions spéciales ont également été attribuées par la CNCDH pour encourager l’action de terrain menée :

  • L’association Anh Duong au Vietnam, pour un projet qui lutte contre les violences conjugales et l’absence d’accès à l’éducation des filles d’une région rurale défavorisée du Vietnam.

  • L’association Shakti Samuha au Népal pour un projet destiné à aider les populations népalaises à protéger leurs enfants de la traite à travers l’institutionnalisation des comités de protection des femmes.

  • L’association Women’s Empowerment Link au Kenya qui souhaite faciliter la mise en œuvre à l’échelon national et local du plan national d’action, mis en place à la suite de la charte nationale des femmes kenyanes.

  • L’association Fight Against Child Exploitation Foundation (FACE) en Thaïlande pour son plaidoyer pour la lutte contre les abus sexuels et le trafic des enfants et des femmes en Thaïlande et dans les pays voisins.

  • L’association Cepaz au Venezuela qui va créer un site web et développer des programmes de formation politique à destination des femmes des Etats de Vargas, Miranda et du district Capital afin de mettre en valeur leur travail et de développer leur leadership.

 
 
  
 
 
| Contacter le ministère de la Justice | Mentions légales | Plan du site | Flux RSS | Twitter | Répertoire des informations publiques | Gestion des cookies |