Ministère de la Justice
 
 

10 novembre 2014

Réhabilitation des mineurs grévistes licenciés en 1948

« Il était temps que la République reconnaisse cette injustice »

Le 7 novembre 2014, 66 ans après le licenciement dans le Nord-Pas-de-Calais de plus de 3 000 mineurs grévistes, Christiane Taubira s'est rendue à Grenay, dans le bassin minier, afin d'échanger avec les survivants et leur famille. « Rien ne pourra réparer cette injustice mais il y a des mots à dire » a estimé la ministre.

« Une histoire très douloureuse et très belle ». C'est ainsi que la garde des Sceaux a qualifié le combat mené par les mineurs grévistes qui avaient, en 1948, cessé le travail pour protester contre la baisse de leur rémunération. Une histoire douloureuse car la vie de ces mineurs, faite de grands sacrifices et de renoncements, a été fortement marquée par les conséquences de cette grève, un droit pourtant déjà reconnu à l'époque. « La grève a été lourdement réprimée, certains mineurs ont été incarcérés, d'autres ont perdu leurs grades et décorations militaires mais surtout tout a été fait pour les empêcher de retrouver un emploi dans la région » a expliqué la ministre. Pour faire face à cette situation, un beau mouvement de solidarité s'est mis en place, dans toute la France, afin de les aider à reconstruire une nouvelle vie.

Depuis sa nomination "place Vendôme", Christiane Taubira a œuvré inlassablement pour réparer cette injustice. « Quand on est persuadé qu'il y a une injustice, il faut trouver le chemin. S'il n'existe pas, il faut le creuser » a-t-elle souligné. La ministre a donc déposé un amendement au projet de budget 2015 prévoyant une compensation financière pour les mineurs encore en vie et pour leur famille, la récupération de leurs grades et décorations militaires ainsi que la mention de cette grève dans les manuels scolaires. « La République doit avoir la force, le courage et l'honneur de reconnaître que ce qui a été fait en son nom était injuste, illégal et discriminatoire » a insisté la garde des Sceaux, posant ainsi des mots apaisants pour réconcilier les mineurs avec leur histoire. Une histoire qui fait également partie de l'histoire de tous les Français car « en se battant pour défendre leurs droits, les mineurs ont permis de garantir les nôtres ».

« Les mineurs de 1948 étaient des héros » a réagi l'ancien mineur Norbert Gilmez, l'un des rares survivants, aujourd'hui âgé de 93 ans. « Les mineurs se sont sacrifiés pour reconstruire le pays après la guerre, pour le relever » a-t-il rappelé avant d'ajouter : « désormais, tous les enfants de France en seront informés ». De nombreux mineurs licenciés en 1948 avaient, en outre, fait partie de la Résistance pendant la seconde guerre mondiale. Les témoignages des familles des mineurs qui se sont succédés, ont jeté une lumière crue sur les conditions de vie qu'ils ont dû supporter après les licenciements. L'une des filles d'un mineur, très émue comme beaucoup de personnes dans la salle de la mairie de Grenay, a remercié la garde des Sceaux d'avoir porté leur combat, de rendre hommage à la mémoire des mineurs disparus : « grâce à vous, je reprends goût à la Justice » a-t-elle assuré. Cette question de la mémoire a été justement abordée par la ministre, deux heures plus tôt, lors de sa rencontre avec les élèves du lycée Voltaire qui venaient de visionner le film L’Honneur des gueules noires, retraçant l’histoire des mineurs grévistes de 1948. « Ces hommes et ces femmes, issus d’un milieu modeste, ont montré leur dignité à défendre les valeurs de la République. Il est nécessaire d'introduire cette histoire dans les programmes scolaires » a-t-elle conclu.

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