Ministère de la Justice
 
 

26 novembre 2014

Quelle architecture pour les prisons de demain ?

Le Conseil national de l’exécution de la peine s’est réuni le 28 novembre pour débattre du visage des futurs établissements pénitentiaires

Au programme de cette quatrième réunion du CNEP, conseil composé de représentants de la société civile, une réflexion sur l’architecture carcérale : quelles priorités, quel rapport à la sécurité et à l’humain, comment penser des murs en harmonie avec un objectif de réinsertion des détenus ?

« C’est une chance extraordinaire d’avoir un croisement de regards si différents. Il faut accepter d’interroger fondamentalement nos habitudes, de nous faire bousculer. Il reste de la place pour inventer » a fait valoir Christiane Taubira en introduction. Ce « temps fructueux » de réflexion permettra de poser les bases des établissements pénitentiaires de demain.

Cette prison devra d’abord être pensée autour de la personne : celle qui y vit, celle qui y travaille. Pour Louis Gallois, membre du conseil, il est d’ailleurs essentiel d’interroger d’anciens détenus quant aux pistes d’amélioration des établissements. La prison doit être conçue comme un lieu de transition, un trait d’union entre un passé et un futur plutôt qu’entre un intérieur et un extérieur.

Les échanges font remarquer l’importance d’aider les détenus à concevoir la peine comme une évolution dynamique, et non comme une suspension. Jean-Louis Senon souligne ainsi qu’« Un homme ne peut accepter d’être sans avenir. Il faut une dynamique de parcours, garder en tête que la situation va évoluer, sinon il n’y a plus d’espoir. » ajoute-t-il. La conception architecturale et fonctionnelle doit être tournée vers la préparation à la sortie, ce qui implique de repenser les lieux de promenade, d’insertion, de culture… Favoriser la socialisation pour préparer la réinsertion.

De même, éviter le tout automatique et laisser une place importance au contact apparaît essentiel aux yeux des participants: « Le regard du surveillant est nécessaire pour conserver son humanité » explique le psychologue : « s’il n’y a plus ce lien, il y a déshumanisation et risque de décompensation délirante. »

L’ergonomie des cellules, la végétalisation, l’abandon potentiel des caillebotis, la signalétique, l’emplacement des cours de promenade, la lumière naturelle, l’utilisation de la zone neutralisée de 7 hectares autour des établissements… De nombreux changements concrets ont été évoqués lors de cette réunion. Un point a toujours fait l’unanimité : celui d’abandonner la conception unique, standardisée de la prison pour s’adapter au public accueilli et au régime de détention.

Qu’est-ce que le Conseil national de l’exécution de la peine ?

Créé en janvier 2014 à l’initiative de Christiane Taubira pour ouvrir la Justice sur l’extérieur, le Conseil national de l’exécution de la peine (CNEP) est constitué de représentants de la société civile, partenaires institutionnels, associatifs et privés. Il a pour objectif de mutualiser divers savoirs, parcours et cultures professionnelles afin d’enrichir l’action publique en matière pénale. Le CNEP se réunit deux à trois fois par an, selon l’actualité, en présence de la garde des Sceaux. Participent notamment à ce conseil : Louis Gallois, commissaire général à l’investissement, Laurent Mucchielli, sociologue, Michèle de Kerckhove, présidente de l’Institut National d’Aide aux Victimes et de Médiation, Philippe Zoumeroff, ancien chef d’entreprise, Jean-Pierre Sueur et Jean-Jacques Urvoas, présidents des commissions des lois du parlement, Jean-Louis Senon, psychologue, Christian Demonchy, architecte...

 
 
  
 
 
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