Ministère de la Justice
 
 

11 avril 2014

"Aucune génération ne peut se passer d'idéal"

La garde des Sceaux s’est rendue au lycée Michelet pour répondre aux questions d’une centaine de jeunes.

Déplacement de Christiane TAUBIRA au lycée Michelet de Vanves (92)

Déplacement de Christiane TAUBIRA au lycée Michelet de Vanves (92)

Déplacement de Christiane TAUBIRA au lycée Michelet de Vanves (92)

Déplacement de Christiane TAUBIRA au lycée Michelet de Vanves (92)

Déplacement de Christiane TAUBIRA au lycée Michelet de Vanves (92)

Déplacement de Christiane TAUBIRA au lycée Michelet de Vanves (92)

Déplacement de Christiane TAUBIRA au lycée Michelet de Vanves (92)

Déplacement de Christiane TAUBIRA au lycée Michelet de Vanves (92)

Déplacement de Christiane TAUBIRA au lycée Michelet de Vanves (92)

© MJ/DICOM/Caroline Montagné

Aurélie, en terminale ES, est la première à prendre la parole. La main qui tremble, elle lit son discours de bienvenue. Devant la garde des Sceaux, quelques élus et 160 lycéens, elle dit le vif intérêt des élèves pour les questions liées à la justice, leurs difficultés de compréhension face à un vocabulaire trop souvent complexe, leur enthousiasme, aussi, à s’entretenir avec la ministre. L’intéressée répond aussitôt en se qualifiant de « gourmande de rencontre avec la jeunesse » : « J’y prends plaisir parce que les questions sont toujours très libres. Elles nous contraignent à nous arrêter et nous interroger sur le sens de notre action. »

Ado Justice

A l'occasion de ce déplacement, la garde des Sceaux a lancé une nouvelle version du site Ado Justice, le site du ministère destiné aux adolescents pour les aider à mieux comprendre la Justice.

Parmi les 66 articles de ce site, sont abordés des thèmes aussi variés que les missions de la justice, ses moyens d'action, la différence entre le droit pénal et le civil ou encore entre le siège et le parquet. Une rubrique est spécialement dédiée à la justice des mineurs.

Enfin, à un âge où les jeunes commencent à réfléchir à leur orientation professionnelle, Ado justice explique aussi chaque fonction et métier du ministère et de la Justice.

Voir le site

La garde des Sceaux ne sera pas déçue de l’échange : fort taux d’abstention aux élections, difficulté à faire bouger les choses en politique, lois mémorielles, mariage pour tous, désintérêt et rejet de l’Europe… Les thèmes balayés sont nombreux avec, toujours, cette même envie de comprendre. Laurence Barrand, professeur de sciences économiques et sociales au lycée, confirme : « Les élèves se sont vraiment impliqués dans le projet. Ils étaient assez libres du choix des sujets et ont montré beaucoup de curiosité. Beaucoup d’émoi aussi... Ils sont vraiment contents de cette rencontre. »

A Kenza, qui lui demande si elle se sent coupée du peuple maintenant qu’elle est « de l’autre côté », la ministre répond que le pouvoir n’est pas « de l’autre côté ». Non pas face au peuple, mais en émanant. « C’est vrai, le danger de l’exercice du pouvoir, c’est qu’il y a tellement à faire, on peut être tellement aspiré par le travail quotidien, massif, complexe, qu’on peut en perdre de vue les attentes des gens. Il faut se donner une discipline : rester en contact, trouver des moyens d’inclure les gens, de les entendre. Personnellement, je passe beaucoup de temps sur le terrain, comme maintenant…»

Sur les lois mémorielles, Christiane Taubira explique qu’elles disent quelque chose des valeurs qui permettent de faire société, et protègent la République sans empêcher la recherche. Sur l’Europe, le discours de la ministre est clair : « Souvent des gouvernements se sont amusés à rendre l’Europe responsable de mesures désagréables. Dire ‘c’est la faute de l’Europe’, ce n’est pas acceptable. Par exemple en matière de justice, je me suis battue et on est désormais doté au niveau européen d’un bon instrument sur l’aide juridictionnelle. L’Europe nous tire vers le haut

Pourquoi un tel taux d’abstention chez les jeunes ? « Nous avons peut-être du mal à vous entendre, à vous parler. A vous dire quelque chose de simple : aucune génération ne peut se passer d’idéal, de rêve partagé. Notre responsabilité est de vous convaincre que vous avez votre part à écrire du destin commun. Si on ne se bat pas pour changer le cours du monde, s’il ne nous convient pas, on le subit. Les élections sont un moment important. J’espère que les citoyens vont se mobiliser pour les européennes. »

William, un grand jeune homme en terminale, conclut les deux heures de débat : « Merci d’avoir transformé ce qui aurait pu être une simple visite du lycée en véritable échange avec nous... Grâce à l’honnêteté de vos réponses, nous sommes plus à même de comprendre la justice ». Et la ministre de répondre, avant de quitter la salle : « Il y a parmi vous les futurs responsables de notre société. Gardez à l’esprit que vous pouvez faire de votre tête, de votre esprit, une tête de proue... »

La justice des mineurs

« On ne peut pas juger un mineur comme on juge un majeur, j’en suis persuadée. Les mineurs sont des êtres en devenir. Ils sont en train de grandir. La société, sans prendre peur et sans se débarrasser de sa responsabilité, doit l’aider à retrouver le chemin pour construire sa vie. C’est une nécessité impérieuse. J’ai le souci de faire en sorte que tout jeune qui a flanché, que ce soit la première ou la dixième fois, soit aidé, rattrapé. C’est la responsabilité de la société et donc de la puissance publique. Je ne peux me résoudre à ce qu’un jeune soit perdu à 20 ans. »

Christiane Taubira, 11 avril 2014 au lycée Michelet, Vanves


 
 
  
 
 
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