Ministère de la Justice
 
 

04 juin 2013

Sécurisation des établissements pénitentiaires

Christiane Taubira met en œuvre des mesures exceptionnelles

Le 3 juin 2013, Christiane Taubira, Garde des sceaux, ministre de la Justice a présenté aux cadres et aux organisations syndicales de l'administration pénitentiaire un plan d'action visant à renforcer la sécurité en prison. Selon la ministre, « ce plan s'inscrit dans une logique de cohérence, d'efficacité avec une dimension humaine assumée ».

Des moyens renforcés pour construire une sécurité durable

Ce plan de sécurisation, d'un montant de 33 millions d'euros, s'appuie sur trois piliers : des moyens matériels supplémentaires, des pratiques retravaillées et une meilleure prise en charge globale de la personne détenue.

Sécurisation des établissements pénitentiaires - © MJ/DICOM/Caroline MontagnéCes 33 millions d'euros permettront de renforcer les dispositifs de lutte contre les projections (filets, glacis, vidéo-protection...) à hauteur de 12 millions d’euros, d'équiper 20 maisons centrales et maisons d'arrêt qui accueillent les détenus au profil sensible de portiques à ondes millimétriques, d'installer desportiques à masse métallique dans les zones sensibles de tous les établissements, et de créer deux unités cynotechniques (avec des chiens formés) afin d’intensifier les contrôles des locaux. Un bilan des 400 brouilleurs de communication téléphonique sera réalisé, et une expérimentation d’un nouveau dispositif sera menée sur site dès 2013.

Au-delà des moyens matériels, les pratiques doivent être retravaillées. Il y aura tout d'abord une intensification des contrôles notamment aux abords des établissements pénitentiaires ainsi qu'un renforcement du renseignement pénitentiaire.

Par ailleurs, une nouvelle circulaire définissant les modalités du régime de prise en charge des détenus particulièrement signalés est en cours de rédaction, pour homogénéiser les pratiques, dans le prolongement des directives données dans la circulaire du 15 octobre 2012 ; le projet sera finalisé avant la mi-juin et fera ensuite l’objet d’un examen en comité technique de l’administration pénitentiaire avec les organisations syndicales. Enfin, la formation des agentssur les gestes de sécurité de base sera rénovée.

Afin de préparer la sortie et de limiter la récidive, ce plan s'appuie également sur les surveillants. « J'ai décidé de favoriser la relation humaine » a expliqué la ministre.  

 

 

InfographieRemettre le surveillant au centre du processus de socialisation des détenus

Dans les établissements qui accueillent les détenus les plus difficiles et notamment les maisons centrales, il convient de remettre le surveillant au centre du processus de socialisation des détenus.

Des groupes de travail sur les métiers pénitentiaires et le rôle des surveillants au sein de ces établissements seront organisés. Les réflexions porteront sur le contenu du projet d’exécution de peine et le rôle que le surveillant joue dans son élaboration et son animation. Elles porteront également sur la définition d’une politique de ressources humaines adaptée à ces structures afin notamment de fidéliser les personnels ainsi que sur la question des partenariats, de l'approche pluridisciplinaire.

Ce plan vise également à assurer la cohérence entre sécurité et prise en charge globale de la personne détenue.

 

Inscrire la politique de sécurité dans une approche globale

« Pour amplifier nos capacités d'action, nous continuerons à travailler avec les autres ministères » a assuré Christiane Taubira, avant de rappeler que la Chancellerie a mis en place des groupes de réflexion notamment avec le ministère de la Santé ou celui du Travail.

Le projet de réforme pénale, qui sera présenté en conseil des ministres en juillet prochain, doit également permettre d'inscrire la sécurité dans une approche globale. Il permettra de limiter les courtes peines d’emprisonnement en offrant, avec la peine de probation, une solution alternative crédible et efficace. Ce texte favorisera également les aménagements de peine. Ces mesures devraient favoriser la diminution du nombre de détenus et l'amélioration des conditions de travail des personnels.

De la même façon, l’extension et la rénovation du parc pénitentiaire, tout comme la politique de réinsertion, devraient produire des effets positifs. « La politique pénitentiaire et la politique pénale ne seront plus séparées » a conclu la ministre.

 
 
  
 
 
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