Ministère de la Justice
 

 

07 janvier 2010

Chronologies comparées de la justice des mineurs

Chronologie législative

Chronologie pédagogique et institutionnelle

 

1791 La majorité pénale est fixée à 16 ans. Les tribunaux doivent distinguer les mineurs ayant agi avec discernement et ceux ayant agi sans discernement. Ces derniers sont acquittés et peuvent soit être remis à leur parents soit envoyés en correction éventuellement jusqu'à leur 20 ans. Faute d'établissements spécifiques, l'envoi en correction signifie emprisonnement.
1810 Le Code pénal de 1810 reprend les dispositions de 1791.
1819 Arrêté créant la Société royale pour l'amélioration des prisons.
1824 Premier quartier réservé aux mineurs à la prison de Strasbourg.
1832 Circulaire du comte d'Argout invitant l'Administration pénitentiaire à mettre en apprentissage les enfants acquittés comme ayant agi sans discernement et à veiller sur leur éducation.
1832 Les mineurs détenus à Paris sont regroupés à la prison des Madelonnettes.
1833 Fondation du patronage des jeunes libérés du département de la Seine.
1836 Ouverture de la prison pour mineurs de la Petite Roquette. Application du principe "philadelphien" d'isolement cellulaire strict et permanent.
1839 Ouverture de la première colonie agricole par Auguste Frédéric Demetz à Mettray près de Tours.
1840 Circulaire Duchâtel qui revient sur les dispositions libérales du comte d'Argout.
1850 Loi du 5 août sur l'éducation et le patronage des jeunes détenus. Cette loi pose le principe de la séparation des majeurs et des mineurs. Elle privilégie et donne un statut aux colonies pénitentiaires agricoles privées.
1857 Plus de 9 000 enfants sont détenus dans les colonies agricoles.
1889 Loi du 24 juillet relative à la protection des enfants maltraités ou moralement abandonnés (déchéance de la puissance paternelle).
1891 Création à Saint-Hilaire d'un établissement réservé aux moins de 12 ans.
1895 Création de la colonie correctionnelle d'Eysses qui reçoit les mineurs condamnés à plus de 2 ans de prison et les mineurs indisciplinés des colonies pénitentiaires.
1898 Loi du 19 avril sur la répression des violences, voies de fait, actes de cruauté et attentats commis envers les enfants.
1898 Echec de la tentative de réforme du régime disciplinaire des colonies pénitentiaires.
1904 Loi du 28 juin relative à l'éducation des pupilles difficiles et vicieux de l'Assistance publique.
1906 Loi du 11 avril modifiant les articles 66 et 67 du Code pénal, 340 du Code d'instruction criminelle, et fixant la majorité pénale à 18 ans.
1912 Loi du 12 juillet sur les tribunaux pour enfants et adolescents et sur la liberté surveillée. Les mineurs de moins de 13 ans ne peuvent plus être condamnés à une peine. En ne créant pas de magistrats spécialisés, la France se distingue de la plupart des pays occidentaux.
1927 Décret-loi du 31 décembre créant les maisons d'éducation surveillée. Elles sont censées remplacer les colonies pénitentiaires mais gardent un contenu identique (on appellera ce texte "la réforme sur le papier").
1934 Révolte de la maison d'éducation surveillée de Belle-Ile-en-Mer, à l'origine des campagnes de presse contre les bagnes d'enfants.
1935Décret-loi du 30 octobre sur l'assistance éducative et la dépénalisation du vagabondage.
1936-
1937
Législations du Front populaire sur les pupilles de l'Assistance publique, la protection des enfants assistés, la création d'un Conseil supérieur de l'enfance.
1937 Décret du 28 septembre sur le placement judiciaire des enfants.
1938 Décret du 17 août sur la création d'un corps distinct des personnels d'Education surveillée (moniteurs-éducateurs) dans l'Administration pénitentiaire.
1940 En février, les maisons d'Education surveillée deviennent des Institutions publiques d'Education surveillée (IPES). Les IPES redeviendront des maisons d'Education surveillée par un décret du 31 août.
1942 Circulaire du 21 mars sur la détention provisoire des mineurs
1943 Le service de l'Education surveillée devient une sous-direction de l'Administration pénitentiaire.
1944 Loi du 3 juillet sur l'enfance malheureuse et en danger.
1945 Ordonnance du 2 février sur l'enfance délinquante. Décret du 10 avril portant statut provisoire des personnels de l'Education surveillée. Ordonnance du 1er septembre portant création de la direction de l'Education surveillée. Arrêté du 25 octobre : règlement provisoire des centres d'observation et des IPES.
L'Education surveillée est créée par détachement d'avec l'Administration pénitentiaire. Huit établissements au début.
1947 Création d'un syndicat des personnels de l'Education surveillée, le SNPES. Novembre : premier stage de formation des éducateurs de l'Education surveillée.
1951 Loi du 25 mai instituant la possibilité de prononcer une mesure de liberté surveillée en accompagnement d'une peine et rétablissant les cours d'assises des mineurs.
Création du centre de formation de l'Education surveillée à Vaucresson.
1952 Décret du 12 avril créant les Institutions spécialisées d'Education surveillée (ISES) pour les mineurs les plus difficiles. Anciennes prisons reconverties pour des groupes restreints de 15 à 20 mineurs.
1956 Décret du 23 avril portant statut définitif des personnels de l'Education surveillée. Rapport phare d'Henri Michard sur la prise en charge en milieu ouvert.
1958 Ordonnance du 23 décembre relative à l'enfance en danger. Le juge des enfants peut prononcer des mesures éducatives.
Création du service de recherches de l'Education surveillée à Vaucresson.
Décennie
1970
Apparition progressive des structures d'hébergement collectif type foyers d'action éducative (FAE).
1970 Loi du 4 juin relative à l'autorité parentale, qui confirme les orientations de l'ordonnance du 23 décembre 1958.
1971 Ouverture du centre fermé d'observation de Juvisy-sur-Orge, puis d'un deuxième à Epernay.
1972 Les ISES se substituent aux institutions professionnelles et centres d'observation ; ce sont des établissements polyvalents avec fonctions d'hébergement, de formation et d'accueil. Objectif : la continuité de l'action éducative.
1975 Décret du 18 février permettant au juge des enfants d'organiser une protection judiciaire à l'égard des jeunes âgés de 18 à 21 ans.
1983 Lois de décentralisation qui amorcent la délégation aux conseils généraux de la compétence en matière de protection de l'enfance.
Circulaire sur la politique départementale de l'Education surveillée dans le cadre de la décentralisation.

Participation de l'Education surveillée aux conseils départementaux et municipaux de prévention de la délinquance.
1987 Loi du 30 décembre portant suppression de la détention provisoire pour les moins de 13 ans.
1987 Arrêté du 30 juillet portant création des services éducatifs auprès des tribunaux (SEAT).
1990 Décret du 21 février transformant la direction de l'Education surveillée en direction de la Protection judiciaire de la Jeunesse (PJJ). 10 juillet : le Garde des Sceaux rend public un avant-projet de réforme de l'ordonnance du 02 février 1945 relative à l'enfance délinquante.
1991 Circulaire du 21 juillet définissant la liste des établissements pénitentiaires habilités à recevoir des mineurs (création des quartiers des mineurs en maisons d'arrêt).
1992 Arrêté du 11 mars portant création du Centre national de formation et d'études (CNFE) de la PJJ.
Décret du 27 mars portant réforme du statut des éducateurs de la PJJ. Décret du 9 septembre portant création du corps de directeurs de la PJJ.
1993 Loi du 4 janvier portant réforme de la procédure pénale (plusieurs points sur le droit pénal des mineurs).
1995 Loi de programme du 6 janvier prévoyant sur 5 ans un important renforcement des moyens alloués à la PJJ. Loi du 8 février relative à l'organisation des juridictions de mineurs.
1996 Création des unités éducatives à encadrement renforcé (UEER) qui donneront les centres éducatifs renforcés (CER) peu après.
1999 Création à l'occasion d'un Conseil de sécurité intérieure des centres de placement immédiat (CPI).
2002 Loi du 2 janvier rénovant l'action sociale et médico-sociale. Les établissements et services de la PJJ sont considérés comme relevant de ce secteur et donc soumis à la loi. Loi du 9 septembre d'orientation et de programmation pour la Justice (LOPJ) instituant les centres éducatifs fermés (CEF), les établissements pénitentiaires pour mineurs (EPM) et l'obligation pour les éducateurs de la PJJ d'intervenir au quotidien auprès des mineurs incarcérés.
2003 Ouverture des premiers centres éducatifs fermés (CEF). Les premiers éducateurs sont nommés à plein temps au sein des établissements pénitentiaires où sont incarcérés des mineurs.
2004 Loi du 9 mars relative à l'adaptation de la Justice aux évolutions de la criminalité (LAJEC) attribuant aux juridictions pour mineurs et à la PJJ la compétence en matière d'aménagements des peines prononcées à l'égard des mineurs. Le juge des enfants devient juge d'application des peines pour mineurs en plus de ses attributions traditionnelles.
2007 Loi du 5 mars relative à la protection de l'enfance. Loi du 5 mars relative à la prévention de la délinquance avec diversification et individualisation des mesures, possibilité de recours à la composition pénale.
Juin, ouverture des premiers établissements pénitentiaires pour mineurs (EPM). Décret du 05 novembre portant structuration juridique des services de la PJJ.
2008 Loi du 10 août relative à la prévention de la récidive.
Décret du 9 juillet relatif aux missions du ministère de la Justice.

1er septembre : ouverture de l'Ecole nationale de protection judiciaire de la jeunesse (ENPJJ) à Roubaix en remplacement du CNFE.
Automne, réunion de la commission dite Varinard chargée de proposer une réforme de l'ordonnance du 2 février 1945 relative à l'enfance délinquante.

 

> Film pour le lancement de la refondation de l’ordonnance du 2 février 1945

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