Ministère de la Justice
 
 

19 février 2013

La DPJJ aux 6es Assises de la protection de l'enfance

Les 11 et 12 février derniers, les Assises de la protection de l’enfance, organisées par le Journal de l’action sociale en collaboration avec l’ODAS* et le Conseil général de la Sarthe, ont réuni au Mans prés de 1 600 professionnels. La Protection judiciaire de la Jeunesse, très présente, a contribué activement aux échanges et a pu valoriser le travail éducatif conduit avec les jeunes pris en charge.

© DIRPJJ Grand-Ouest

Les réalisations culinaires et artistiques
des jeunes de la PJJ à l’honneur.

Le lundi midi, en amont de l’ouverture des assises, "L'atelier des saveurs" et "L'atelier 44" du Service territorial éducatif d’insertion (STEI) du Bouguenais ainsi que "Les Col'marmitons" de l'Unité éducative d’activités de jour (UEAJ) de Rennes ont servi un buffet déjeuner aux intervenants et aux partenaires des assises.

Une occasion pour les jeunes suivis par ces services de déployer leurs talents culinaires, pour le plus grand plaisir des papilles des invités.

L’enceinte du Palais des congrès a accueilli, sur le temps des assises, aux côtés de l’association "SOS Villages d’enfants", une exposition d’œuvres réalisées par les jeunes de l'UEAJ du Mans et du Centre éducatif fermé (CEF) d’Allones-La Rouvelière. Diverses sculptures en "recup’art" et du "land’art" du CEF ont été présentés aux côtés d’une fresque et des meubles en carton conçus par les mineurs de l’UEAJ. L’exposition a connu un franc succès et a mis en valeur les savoir-faire des jeunes.

© DIRPJJ Grand-Ouest© DIRPJJ Grand-Ouest© DIRPJJ Grand-Ouest

 

Diversité des points de vue et ouverture de la réflexion
au-delà des professionnels et spécialistes de la protection de l’enfance
Un stand de la PJJ très fréquenté

Pendant les deux journées des Assises, le stand du ministère de la Justice animé par des professionnels de l’administration centrale de la PJJ avec la contribution de la direction inter-régionale Grand-Ouest a connu une importante fréquentation.

De nombreux professionnels de la protection de l’enfance d’horizons divers s’y sont arrêtés, très friands des ressources documentaires proposées. Le guide "Parents, familles et professionnels dans le cadre judiciaire"ainsi que le "Recueil de documents sur les pratiques professionnelles en investigation et action d'éducation ont été extrêmement appréciés et demandés.

Les débats de ces 6es Assises ont été d'un grand apport sur les enjeux actuels de la protection de l'enfance. Au cours des deux journées de ces assises, se sont succédé des intervenants universitaires et des professionnels de terrain qui ont posé les bases d’une réflexion autour de cette question : « Savons-nous protéger nos enfants ? Pour sortir du doute : reconnaître nos faiblesse, revisiter nos réponses, retrouver la confiance ».

Lundi 11 février, une succession de trois tables rondes invitaient à « reconnaître nos faiblesses » autour de trois thématiques : des modes d’action qui génèrent le doute, un dispositif qui, faute d’évaluation, peine à évoluer et une crise de civilisation que nous sous-estimons.

Cette journée a été ouverte par une interview filmée de Dominique BERTINOTTI, ministre déléguée à la Famille. A cette occasion, elle a souligné la nécessité d’effectuer une véritable évaluation de la loi du 5 mars 2007 réformant la protection de l'enfance.

Les résultats d’une enquête réalisée auprès de 400 adultes adhérents de la Fédération nationale des associations d’entraide des enfants accueillis en protection de l’enfance (FNADEPAPE) et placés durant leur enfance, ont été présentés en ouverture. Cette enquête a été l’occasion de souligner les points d’appui et la marge d’évolution pour le dispositif de protection de l’enfance. Si 54% des personnes interrogées ont un regard positif sur la prise en charge, 64% se sont plaint du manque d’accompagnement lors de leur sortie du dispositif à 18 ans, et 62% ont souligné les ruptures qui ont émaillé leur parcours.

Parmi les interventions marquantes de cette première séance plénière, une intervention de Christian MOREL, docteur en sciences politiques, auteur de Les décisions absurdes, sociologie des erreurs radicales et Les décisions absurdes II – comment les éviter ?, a passionné l’auditoire et a été régulièrement citée par les intervenants tout au long des deux journées de réflexion. En tant que cadre dirigeant en entreprise, Christian MOREL a mené une réflexion sociologique sur les processus de décision. Il a présenté des garde-fous ou « métarègles de la fiabilité » pour éviter les décisions absurdes, qui menacent toute grande organisation, et pour favoriser une « culture de la fiabilité ». Parmi ces garde-fous, on peut citer la collégialité, le débat contradictoire, la nécessité de vérifier le consensus et de ne pas s’en tenir à un consensus apparent, de résister à un excès de normes, de favoriser le retour d’expérience.

Le témoignage de Céline RAPHAEL, médecin, auteur de l’ouvrage La démesure : soumise à la violence d’un père, a ému l’auditoire et l’a nourri d’un retour concret sur son expérience de vie et de prise en charge par les services de protection de l’enfance.

 

© DIRPJJ Grand-Ouest

Le rôle de l'nstitution judiciaire en protection de l'enfance, rappelé par Jean-Louis DAUMAS, directeur de la Protection judiciaire de la Jeunesse, au nom de Madame la garde des Sceaux.

Mardi 12 février, après des ateliers riches en débats (voir encadré ci-dessous), Jean-Louis DAUMAS, directeur de la Protection judiciaire de la Jeunesse, est venu porter le message de Madame la garde des Sceaux, rappelant le rôle de l’institution judiciaire en protection de l’enfance. Il a porté un message fort et ambitieux quant au rôle de la Protection judiciaire de la Jeunesse. A cette occasion, il a renouvelé publiquement au nom de Madame la ministre son soutien aux professionnels de la PJJ et la confiance qu’elle leur accorde.

La protection des enfants, une affaire de tous

La seconde plénière, consacrée à « retrouver la confiance », était placée sous le signe du décloisonnement et du dépassement des frontières, entre institutions et entre pays.

Elle s’est ouverte sur la projection d’un film pluri-institutionnel où chaque partenaire des assises pouvait répondre à la question suivante : « Quelle est la toute première priorité pour améliorer notre protection de l’enfance ? ». Damien MULLIEZ, sous-directeur des missions de protection judiciaire et d’éducation à la DPJJ, a affirmé la nécessité d’améliorer le repérage des enfants en danger, à travers l’implication systématique de l’institution judiciaire, qu’il s’agisse des magistrats du parquet, des juges des enfants ou des directeurs territoriaux de la PJJ, dans les protocoles relatifs au recueil et au traitement des informations préoccupantes.

© DIRPJJ Grand-OuestEn conclusion des interventions, des "grands  témoins" étrangers sont venus ouvrir de larges champs de questionnements.

Claire CHAMBERLAND, professeur titulaire à L’Ecole de service social à l’Université de Montréal, Québec, a souligné la nécessité de « déplacer le paradigme de l’évaluation du risque vers le paradigme de l’évaluation des besoins de l’enfant aux différentes phases de son développement ». Vincent MAGOS, responsable du projet Yapaka, initié par la Fédération Wallonie-Bruxelles, Belgique, a alerté de façon humoristique sur les risques d’utiliser des mots en en oubliant le sens : « si on n’habite pas ce qu’on dit, les usagers vont faire pareil ». Il s’est ensuite interrogé sur le sens de l’emploi du terme « préoccupation » dans l’expression « information préoccupante ». Puis, Paola MILANO, professeur associée au département des Sciences de l’éducation de l’université de Padoue, Italie, a promu le concept de « co-éducation » et un rapprochement entre institutions et champs d’activité (enseignants, travailleurs sociaux, justice) au service de la protection des enfants. Pour Peter VOLL, responsable de l’Institut Santé et Social, Haute Ecole de la santé et du social de Valais, Suisse, il est important d’être attentif à ne pas raccourcir la réflexion en se référant de manière trop moralisatrice aux valeurs. Enfin, Carl LACHARITE, directeur du Centre d’études interdisciplinaires sur le développement de l’enfant et la famille à l’Université du Québec, à partir de l’expression « Il faut tout un village pour faire un enfant », a développé l’idée de « faire village autour de l’enfant » par une « éthique du relais », autant concernant les signalements que les prises en charge.

Ces 6es Assises ont été clôturées par un spectacle présenté par des enfants pris en charge par "SOS Villages d’enfants", couvert par les applaudissements.

 

Des ateliers pour « revisiter nos réponses », propices aux échanges entre participants

La matinée du mardi 12 février fut consacrée à 5 ateliers qui sont venus rythmer les échanges par leur caractère très interactif.

• L’atelier 1 était consacré à la "finalité de l’action : protéger qui, protéger quoi ?"». Le sens même du travail éducatif est de protéger l'enfant, sa parole, son devenir, et cela implique pour les travailleurs sociaux de ne pas se protéger de la rencontre. Mais au-delà de la protection nécessaire de l’enfant, il s’agit d’ouvrir des "possibles", d’être créatif, afin d’éviter les risques de reproduction transgénérationnelle, de donner du sens aux mesures, d’étayer les travailleurs sociaux par un travail marqué par les références, procédures, pluridisciplinarité et partenariats, pour qu'eux-mêmes soient en capacité de renforcer les capacités des familles.

• L’atelier 2 était consacré aux "pratiques éducatives : quelles perspectives pour l’enfant ?". Cet atelier a notamment mis en valeur, avec l’intervention en double voix de Catherine DELCROIX, sociologue, auteur de Education(s) et réseaux de sociabilité. Parcours de jeunes en difficulté, et de Maïté CORNÉE, directrice des services à la PJJ, l’intérêt de se servir davantage des ressources de l’environnement de l’enfant, ainsi que de ce type de posture réflexive qu’est la recherche-action, qui a un effet de modification des pratiques. La nécessité d’oser la rencontre et de s’appuyer sur des espaces collectifs partenariaux a été abordée.

• L’atelier 3, intitulé "Procédures : comment trouver la bonne distance ?", a été l'occasion, à travers le récit d'expériences de terrain de magistrat du parquet, de responsables de l’aide sociale à l’enfance et de juristes, d'aborder la question de la juste distance et de la marge de manœuvre que chaque acteur s'octroie dans la mise en œuvre et le déroulement de la procédure. Les échanges ont abouti au constat que si les « IP parasols », les « signalements parapluies » et, plus largement, l'organisation de la procédure « n'évitent pas l'angoisse », « peut-être qu'obéir sans obtempérer, peut nous aider à poser nos marges et à construire » (Vincent MAGOS, Belgique).

• Les débats de l’atelier 4 "Repérage, évaluation : comment faire vivre les protocoles ?", où étaient représentés un magistrat du parquet, un responsable de CRIP et d'autres professionnels tels que l'Education nationale, se sont centrés sur l'amélioration du repérage des situations de maltraitance. Un riche débat sur les origines et les critères des signalement des mineurs en danger s’est engagé avec la salle. A également émergé la question d’ouvrir des protocoles et de les faire vivre au-delà du champ spécifique de la protection de l’enfance, vers d'autres institutions intervenant auprès de l'enfant, et notamment l’école, pour une meilleure prévention.

• Enfin, l’atelier 5 "Décision et parcours : comment passer du fractionnement des compétences à la complémentarité des responsabilités ?" a mis en avant les outils de collaboration inter-institutionnels sur les situations individuelles (le projet pour l’enfant) ou sur un plan territorial (observatoires départementaux de la protection de l’enfance). Un sujet d’étonnement, la question du secret professionnel n’a pas été abordée au sein de l’atelier, ce qui est le signe d’un travail de décloisonnement entre institutions.

 

 

* Observatoire national de l’action sociale décentralisée

 
 
  

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