20 février 2008
Dépénalisation de la vie des affaires
Remise au Garde des Sceaux du rapport du groupe de travail présidé par Jean-Marie Coulon
Le groupe de travail présidé par Jean-Marie Coulon, Premier président honoraire de la cour d'appel de Paris, chargé de réfléchir à la dépénalisation de la vie des affaires, a remis mercredi 20 février son rapport à Rachida Dati, Garde des Sceaux, ministre de la Justice. Cette dernière a salué "le travail remarquable" accompli en quatre mois. "Le 4 octobre, lors de l'installation du groupe de travail, je vous avais demandé d'oser, d'être imaginatifs, novateurs. Je crois que vous avez réussi" a-t-elle indiqué, estimant que les trente propositions avancées sont "innovantes, modernes et équilibrées".
Le groupe de travail sur la dépénalisation de la vie des affaires a souhaité reconsidérer le droit pénal des affaires de manière cohérente pour le rendre plus efficace. En effet, il ne s'agit pas d'un droit autonome. Son examen requiert de s'intéresser aux règles de droit pénal général et de procédure pénale. Sa dépénalisation doit s'articuler autour de ses multiples composants, comme le droit boursier, le droit des sociétés, le droit de la consommation ou le droit de la concurrence. Le rapport Coulon a donc appuyé ses travaux sur des critères précis englobant de multiples paramètres (exigences économiques, impératifs internationaux...).
Les propositions du groupe de travail s'articulent autour de trois thèmes :
Le groupe de travail évoque ensuite la mise en place de mécanismes de régulation. La reconfiguration de la justice pénale passe par une harmonisation cohérente des peines appliquées à la vie des affaires. Il est proposé, par exemple, d'augmenter le délai de la peine d'emprisonnement pour le délit d'initié, à trois ans au lieu de deux. Le rapport suggère également de substituer au droit pénal des dispositifs administratifs, civils ou des modes alternatifs aux poursuites. Il est enfin envisagé de supprimer le cumul entre les sanctions pénales et les sanctions du Conseil de la Concurrence ou de l'Autorité des Marchés financiers, pour une meilleure articulation entre ces institutions et le droit pénal des affaires.
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