BULLETIN OFFICIEL DU MINISTÈRE DE LA JUSTICE
n° 88
(1er octobre - 31 décembre 2002)

3
Circulaires de la direction des affaires criminelles et des grâces
Signalisation des circulaires du 1er octobre au 31 décembre 2002


Présentation des dispositions relatives au référé-détention issues de la loi n° 2002-1138 du 9 septembre 2002 d'orientation et de programmation pour la justice

CRIM 2002-14 E8/30-10-2002
NOR : JUSD0230174C

Détention provisoire

Référé-détention


POUR ATTRIBUTION

Procureurs généraux - Premiers présidents de cour d'appel - Procureurs de la République - Magistrats du siège

- 30 octobre 2002 -




Sommaire :

I. - DOMAINE D'APPLICATION DE LA PROCEDURE DE REFERE-DETENTION
1. Décision de mise en liberté
1.1. Décisions permettant le recours à la procédure de référé-détention
1.2. Décisions ne permettant pas le recours à la procédure de référé-détention
2. Décision contraire aux réquisitions du parquet

II. - MODALITES DE MISE EN OEUVRE DU REFERE-DETENTION
1. Notification de l'ordonnance de mise en liberté au parquet
2. Interdiction de mise à exécution de l'ordonnance pendant un délai de quatre heures
3. Décision du procureur de la République
3.1. Décision intervenant dans le délai de quatre heures
3.2. Absence de décision dans le délai de quatre heures
4. Suite de la décision (ou de l'absence de décision) du procureur de la République
4.1. Notification et mise à exécution de l'ordonnance en l'absence de référé-détention
4.2. Notification de l'ordonnance en cas de référé-détention et transmission du dossier à la cour d'appel

III. - PROCEDURE DEVANT LE PREMIER PRESIDENT DE LA COUR D'APPEL
1. Magistrat compétent pour examiner le référé-détention
2. Délai pour statuer sur le référé-détention et sanction du non-respect de ce délai
3. Conditions dans lesquelles il est statué sur le référé-détention
4. Décision rendue par le premier président
4.1. Suspension des effets de l'ordonnance
4.2. Mise à exécution de l'ordonnance de mise en liberté

IV. - PROCEDURE DEVANT LA CHAMBRE DE L'INSTRUCTION
1. Délai d'examen de l'appel par la chambre de l'instruction
2. Déroulement des débats devant la chambre de l'instruction

Annexes non publiées sur ce site :

Annexe I. - Imprimés

Annexe II. - Tableau fixant la computation des délais pour l'examen du référé-détention par le premier président

Annexe III. - Texte des articles 148-1-1 et 187-3 du CPP

Annexe IV. - Fiche de signalement d'un référé-détention

Articles créés :

Art. 148-1-1 et 187-3 du CPP




Afin de renforcer la cohérence de l'appel du ministère public et de rétablir un meilleur équilibre de la procédure pénale entre les droits de la société et ceux de la défense, la loi n° 2002-1138 du 9 septembre 2002 d'orientation et de programmation pour la justice a institué la procédure de "référé-détention" qui est le pendant du "référé-liberté" créé par la loi du 24 août 1993 et amélioré par la loi du 30 décembre 1996.
Cette procédure, prévue par les nouveaux articles 148-1-1 et 187-3 du code de procédure pénale résultant des I et II de l'article 38 de la loi, permet au procureur de la République d'obtenir du premier président de la cour d'appel que l'appel qu'il a interjeté contre une décision de mise en liberté contraire à ses réquisitions présente un caractère suspensif, et empêche la mise en liberté de la personne mise en examen jusqu'à ce qu'intervienne l'arrêt de la chambre de l'instruction.
En pratique, cette procédure n'a vocation à s'appliquer que de façon exceptionnelle, puisqu'elle concerne les décisions de mise en liberté qui paraissent manifestement injustifiées au regard des nécessités de l'instruction ou de la préservation de la sécurité des personnes et des biens. Elle répond ainsi, comme le soulignait les observations formulées par le gouvernement devant le Conseil constitutionnel, à d'impérieuses nécessités que le législateur se devait de prendre en compte, afin d'éviter que pendant le temps nécessaire à l'examen de l'appel, l'irréparable s'accomplisse et que ce que la détention provisoire avait justement pour but d'empêcher - disparition de l'intéressé, réitération de l'infraction - ne soit irrémédiablement commis.
La procédure de référé-détention est applicable à compter du 1er novembre 2002, conformément aux dispositions du III de l'article 38 de la loi.
La présente circulaire examine successivement le domaine d'application de la procédure de référé-détention (I), ses modalités de mise en oeuvre (II), la procédure suivie devant le premier président de la cour d'appel (III) et enfin celle suivie devant la chambre de l'instruction (IV).

I. - DOMAINE D'APPLICATION DE LA PROCEDURE DE REFERE-DETENTION

Les dispositions du nouvel article 148-1-1 peuvent être mises en oeuvre "lorsqu'une ordonnance de mise en liberté d'une personne placée en détention provisoire est rendue par le juge des libertés et de la détention ou le juge d'instruction contrairement aux réquisitions du procureur de la République".
La procédure de référé-détention suppose ainsi une décision de mise en liberté (I.1) non conforme aux réquisitions du parquet (I.2).

1. Décision de mise en liberté

Toutes les décisions intervenant au cours de la procédure judiciaire et ayant pour effet la mise en liberté de la personne poursuivie ne permettent pas nécessairement le recours à la procédure de référé-détention.

1.1. Décisions permettant le recours à la procédure de référé-détention

Les dispositions relatives au référé détention ne sont applicables qu'en cas de mise en liberté ordonnée par le juge d'instruction (ou le juge des enfants) ou par le juge des libertés et de la détention.
Il peut s'agir d'une décision rendue à tout moment au cours d'information, que la détention de la personne ait ou non déjà fait l'objet d'une ou plusieurs décisions de prolongation.
Il peut s'agir d'une décision rendue d'office, ou rendue à la suite d'une demande de mise en liberté.
Il peut de même s'agir non seulement d'une ordonnance de mise en liberté "simple", mais également d'une mise en liberté sous contrôle judiciaire (rien n'interdit à cet égard qu'il s'agisse d'une mise en liberté sous contrôle judiciaire avec paiement préalable d'une caution : le référé-détention permet alors d'éviter que la personne ne soit libérée si elle verse la caution avant l'examen de l'appel par la chambre de l'instruction).
Cette mise en liberté peut intervenir au vu des pièces du dossier de la procédure - ce qui est le cas le plus fréquent en pratique - mais également - ce qui est plus exceptionnel - à l'issue d'un interrogatoire par le magistrat chargé de l'instruction (1).
Le référé-détention ne peut donc s'appliquer qu'à une personne qui a déjà fait l'objet d'une décision motivée de placement en détention provisoire, qui a pu faire également l'objet de décisions de prolongation à une ou plusieurs reprises, décisions prises après des débats contradictoires par le juge des libertés et de la détention, saisi à cette fin par le magistrat instructeur par ordonnance motivée, et qui, le cas échéant, ont pu être confirmées en appel par la chambre de l'instruction.

En résumé, les dispositions de l'article 187-3 peuvent être mises en oeuvre dans l'un des trois cas suivants :

1° Mise en liberté ordonnée d'office par le juge d'instruction ou le juge des enfants ;

2° Mise en liberté directement ordonnée par le juge d'instruction ou le juge des enfants à la suite d'une demande de mise en liberté ;

3° Mise en liberté ordonnée par le juge des libertés et de la détention à la suite d'une demande de mise en liberté que le juge d'instruction ou le juge des enfants a transmis à ce magistrat par une ordonnance motivée tendant au rejet de la demande (c'est là l'hypothèse dans laquelle la procédure de référé-détention présente le plus d'intérêt pratique).

1.2. Décisions ne permettant pas le recours à la procédure de référé-détention

Les dispositions sur le référé-détention ne sont en revanche pas applicables en cas de refus de placement en détention provisoire, soit que le juge d'instruction ait refusé de saisir le juge des libertés et de la détention à cette fin, soit que ce dernier, saisi par le juge d'instruction, n'ait pas ordonné le placement en détention. Dans une telle hypothèse en effet, il n'existe aucun titre préalable de détention dont les effets pourraient perdurer du fait de l'appel du parquet.
Ces dispositions ne sont pas non plus applicables en cas de refus de prolongation, ou de refus de maintien d'une détention provisoire à l'issue d'une instruction correctionnelle, car dans de tels cas les effets du mandat de dépôt viennent à échéance (2).
Elles ne sont de même pas applicables en cas de mise en liberté ordonnée, alors que l'information a été clôturée, par la juridiction de jugement ou la chambre de l'instruction.

2. Décision contraire aux réquisitions du parquet

Dans tous les cas, la procédure de référé-détention ne peut être mise en oeuvre que si le parquet a pris des réquisitions s'opposant à la mise en liberté. Ces réquisitions ont nécessairement été prises par écrit et de façon motivée, après que le procureur de la République a été saisi à cette fin par le juge d'instruction. A défaut de réquisitions écrites s'opposant à la mise en liberté de la personne, et même si la position du ministère public évolue ensuite (et le conduit à interjeter appel de la décision, ce qui est juridiquement possible), aucun référé-détention ne pourra être formé.
A cet égard, il convient d'observer que, même si le parquet n'est évidemment jamais tenu de former un référé-détention en cas de mise en liberté contraire à ses réquisitions, cette nouvelle procédure permet aux magistrats du ministère public de tirer toutes les conséquences logiques de leur position. Tel n'était pas le cas auparavant puisqu'un appel n'empêchait jamais la mise en liberté de la personne mise en examen.
Il en résulte que les magistrats du ministère public ne devront prendre des réquisitions s'opposant à la mise en liberté d'une personne mise en examen que lorsqu'ils estimeront la poursuite de la détention provisoire véritablement nécessaire au regard des conditions prévues par le code de procédure pénale, alors que par le passé il pouvait advenir que, par principe, de telles réquisitions présentaient un caractère plus systématique.
Il n'y aura dès lors que des avantages à ce que soit généralisée une pratique auparavant suivie, du moins dans certains dossiers, par de nombreux magistrats, consistant pour le juge d'instruction saisi d'une demande de mise en liberté à faire connaître au magistrat du parquet à qui il communique le dossier pour réquisitions s'il envisage ou non de faire droit à cette demande (cette information pouvant non seulement se faire oralement, mais pouvant également consister dans une mention écrite figurant dans l'ordonnance de soit-communiqué, mention qui, bien évidemment, ne lie aucunement le juge).
Lorsque le juge d'instruction indiquera qu'il envisage la mise en liberté, le magistrat du ministère public pourra en effet, en pleine connaissance de cause, soit prendre des réquisitions ne s'opposant pas à cette décision, ce qui évitera le formalisme particulier liés à l'application des dispositions de l'article 148-1-1, soit, au contraire, motiver de façon plus approfondie des réquisitions s'opposant à libération de la personne, ce qui pourra convaincre le juge de revenir sur son intention initiale.

II. - MODALITES DE MISE EN OEUVRE DU REFERE-DETENTION

1. Notification de l'ordonnance de mise en liberté au parquet

L'article 148-1-1 prévoit que l'ordonnance de mise en liberté rendue contrairement aux réquisitions du parquet - et donc susceptible de faire l'objet d'un référé-détention - doit être immédiatement notifiée au procureur de la République (3), qui dispose alors d'un délai de quatre heures pour prendre une décision.
Compte tenu du court délai imparti au parquet pour prendre position, il est souhaitable qu'en pratique les ordonnances de mise en liberté non conformes aux réquisitions du parquet soient rendues dans la matinée ou en tout début de l'après-midi - ce qui est facilité dans la mesure où il s'agira le plus souvent de décisions rendues sur dossier - afin d'éviter que le délai fixé par la loi n'expire en fin de journée.
Un modèle d'imprimé de transmission au parquet du dossier aux fins de notification d'une ordonnance de mise en liberté non conforme, ainsi qu'une feuille spécifique de notification d'une telle ordonnance (qui constitue en réalité la dernière page de l'ordonnance, avec laquelle elle fait corps), figurent en annexe de la circulaire. Ces documents doivent être utilisés par les juges d'instruction, les juges des enfants ou les juges des libertés et de la détention lorsqu'ils rendront une telle ordonnance. Ils n'ont en revanche pas à être utilisés si l'ordonnance de mise en liberté est conforme aux réquisitions du parquet.
En pratique, en ce qui concerne les juridictions de grande taille dans lesquelles la transmission des dossiers d'instruction entre le siège et le parquet prend un certain temps du fait des distances entre les services, il n'y aurait que des avantages à ce que le greffier du juge ayant rendu la décision de mise en liberté, ou le juge lui-même, avertisse par téléphone le magistrat du parquet de cette décision, et mentionne cet avis sur la page de notification.

2. Interdiction de mise à exécution de l'ordonnance pendant un délai de quatre heures

L'article 148-1-1 précise que pendant un délai de quatre heures à compter de la notification de l'ordonnance au procureur de la République, la personne mise en examen ne peut être remise en liberté et que cette décision ne peut être adressée pour exécution au chef de l'établissement pénitentiaire.
Ces dispositions ne sont par nature pas applicables aux ordonnances de mise en liberté conformes aux réquisitions du parquet, qui peuvent être immédiatement transmises pour exécution au chef de l'établissement pénitentiaire, comme par le passé.
Toutefois, pour éviter toute difficulté dans l'application des nouvelles dispositions, a été élaboré un nouveau modèle de soit-transmis adressant aux chefs d'établissement pénitentiaires les ordonnances de mise en liberté pour notification à la personne mise en examen, ainsi qu'un nouveau modèle d'ordre de mise en liberté. Ces imprimés devront être utilisés pour toutes les ordonnances de mise en liberté, qu'elles soient ou non conformes aux réquisitions du parquet. Ils comportent en effet une mention indiquant spécifiquement s'il s'agit d'une ordonnance conforme aux réquisitions du parquet, qui doit donc être immédiatement mise à exécution (le magistrat devant alors adresser en même temps que ce soit-transmis et l'ordre de mise en liberté, outre un exemplaire de l'ordonnance, l'imprimé de déclaration d'adresse, conformément aux procédures antérieures). Le chef de l'établissement pénitentiaire est ainsi assuré qu'il n'a pas reçu par erreur une ordonnance de mise en liberté susceptible de faire - ou d'avoir fait - l'objet d'un référé-détention.
A défaut d'utilisation de ces imprimés - ou d'imprimés contenant des précisions similaires - les chefs des maisons d'arrêt pourront être conduits, en procédant, préalablement à la libération de la personne, à la vérification téléphonique exigée par la circulaire de la direction de l'administration pénitentiaire du 3 octobre 2001 relative à la vérification de l'authenticité des ordonnances de mise en liberté, à demander la confirmation écrite que ces ordonnances n'ont pas fait l'objet de référé-détention. Il est donc indispensable d'avoir toujours recours à ces imprimés.
Lorsqu'il s'agit d'une ordonnance non conforme, ce soit-transmis - et le cas échéant l'ordre de mise en liberté - ne pourront normalement être adressés au chef de la maison d'arrêt, dans des conditions précisées infra, qu'à l'issue du délai de quatre heures.

3. Décision du procureur de la République

Le procureur de la République à qui est notifiée une ordonnance de mise en liberté non conforme à ses réquisitions doit se décider dans un délai de quatre heures.

3.1. Décision intervenant dans le délai de quatre heures

Si le procureur se décide dans le délai de quatre heures, il dispose alors de trois possibilités :

- il peut décider de ne pas faire appel de l'ordonnance ;

- il peut décider de faire appel de cette ordonnance sans pour autant former de référé-détention (l'appel pouvant alors intervenir dans le délai de cinq jours prévu par l'article 185) ;

- il peut enfin faire appel tout en formant un référé-détention.

Ces trois hypothèses se résument en réalité à deux, selon que le procureur forme ou non un référé-détention.

a) Absence de référé-détention.

Les deux premiers cas sont envisagés par le dernier alinéa de l'article 148-1-1 qui dispose que si le procureur de la République, malgré ses réquisitions de maintien en détention, estime ne pas avoir à s'opposer à la mise en liberté immédiate de la personne, et sans préjudice de son droit de former ultérieurement appel dans le délai prévu par l'article 185, il retourne l'ordonnance au magistrat qui l'a rendue en mentionnant sur celle-ci qu'il ne s'oppose pas à sa mise à exécution. La personne est alors mise en liberté, si elle n'est pas détenue pour une autre cause.
Dans cette hypothèse, le procureur doit compléter la feuille de notification spécifique aux ordonnances de mise en liberté non conformes, dont le modèle figure en annexe de la circulaire.
Rien n'interdit toutefois, afin de faciliter l'application des nouvelles dispositions et de limiter la circulation des dossiers d'instruction entre les services de la juridiction que le procureur de la République, informé téléphoniquement par le magistrat qui a rendu la décision ou par son greffier, fasse immédiatement connaître en retour à ce magistrat qu'il ne forme pas de référé-détention, et qu'il est inutile de lui transmettre matériellement le dossier. Dans un tel cas, le procureur pourra immédiatement adresser au magistrat un document l'informant de sa décision, en utilisant à cette fin le modèle d'imprimé annexé à la circulaire. Dans les juridictions de grande taille, lorsque les services de l'instruction et du parquet sont éloignés les uns des autres, ce document pourra être adressé par télécopie (4).

b) Décision de référé-détention.

Les modalités selon lesquelles le procureur de la République forme une référé-détention sont précisées par le deuxième alinéa de l'article 148-1-1 et par le premier alinéa de l'article 187-3. L'article 148-1-1 dispose que le procureur de la République peut interjeter appel de l'ordonnance devant le greffier du juge des libertés et de la détention ou du juge d'instruction, en saisissant dans le même temps le premier président de la cour d'appel d'un référé-détention, conformément aux dispositions de l'article 187-3 ; il indique en outre que l'appel et le référé-détention sont mentionnés sur l'ordonnance.
L'article 187-3 précise que le procureur de la République qui a interjeté appel d'une ordonnance de mise en liberté contraire à ses réquisitions dans un délai de quatre heures à compter de sa notification doit, à peine d'irrecevabilité, saisir dans le même temps le premier président de la cour d'appel ou, en cas d'empêchement, le magistrat qui le remplace, d'un référé-détention afin de déclarer cet appel suspensif. Le procureur de la République joint à sa demande les observations écrites justifiant le maintien en détention de la personne.

En pratique, le procureur de la République doit donc, tout en formant appel par déclaration au greffe conformément aux dispositions du deuxième alinéa de l'article 184 :

- mentionner son appel et son référé-détention sur la dernière page de l'ordonnance, à savoir la feuille de notification mentionnée plus haut et dont le modèle figure en annexe de la circulaire ;

- remplir un formulaire de déclaration d'appel avec référé-détention, en utilisant le modèle figurant en annexe. La loi exigeant que soient jointes les observations écrites justifiant le référé-détention, ces observations peuvent figurer dans la déclaration elle-même, mais elles peuvent également figurer dans un document qui lui sera annexé avant l'envoi du dossier à la cour d'appel.

Comme cela a été indiqué en introduction, la décision de référé-détention doit en pratique présenter un caractère exceptionnel, et concerner essentiellement soit des crimes, soit des délits d'une particulière gravité, et notamment ceux punis de dix ans d'emprisonnement, comme les trafics de stupéfiants, les associations de malfaiteurs, les violences aggravées ou les agressions sexuelles.
En tout état de cause, elle implique qu'au regard de l'appréciation du ministère public, la détention est justifiée par plusieurs des raisons prévues par l'article 144, puisque ce n'est que dans une telle hypothèse que le premier président pourra ordonner la suspension de l'ordonnance de mise en liberté (cf. infra).
La décision de former un référé-détention implique également, lorsqu'il s'agit d'une détention provisoire qui dure depuis plus de huit mois en matière correctionnelle ou un an en matière criminelle, que les conditions prévues par l'article 145-3 du code de procédure pénale soient remplies. Les observations écrites du procureur doivent donc dans cette hypothèse mentionner les actes restant à accomplir et la durée prévisible d'achèvement de la procédure.
D'une manière générale, afin d'uniformiser les pratiques qui seront suivies au sein d'une même cour d'appel et d'assurer que la procédure de référé-détention ne soit mise en oeuvre qu'en cas d'impérieuses nécessités, il n'y aurait que des avantages à ce que les procureurs généraux fassent connaître aux procureurs de la République de leur ressort les politiques pénales devant être suivies en la matière, et qu'ils déterminent les conditions dans lesquelles le parquet général devra être informé, en temps réel ou dans les plus bref délais, des affaires dans lesquels les parquets ont formé ou envisagent de former un référé-détention.

3.2. Absence de décision dans le délai de quatre heures

Le deuxième alinéa de l'article 148-1-1 dispose que faute pour le procureur de la République d'avoir formé un référé-détention, dans un délai de quatre heures à compter de la notification de l'ordonnance de mise en liberté, celle-ci, revêtue d'une mention du greffier indiquant l'absence de référé-détention, est adressée au chef d'établissement pénitentiaire et la personne est mise en liberté sauf si elle est détenue pour une autre cause.
Il convient ici de préciser que le point de départ du délai de quatre heures est l'heure à laquelle le procureur de la République a été effectivement informé de la décision de mise en liberté, et non celle à laquelle le dossier lui a été adressé pour notification.
Le greffier doit donc s'assurer de l'heure à laquelle le magistrat du parquet a eu effectivement connaissance de l'ordonnance, avant de constater le cas échéant quatre heures plus tard que ce magistrat n'a pas pris de décision. La détermination de cette heure, qui doit être mentionnée sur la feuille de notification, peut résulter du fait que le parquet a été informé téléphoniquement de l'ordonnance (supra II.1.4.2.1).
Si dans le délai de quatre heures le procureur de la République n'a toujours pas fait connaître sa décision, le greffier en fera mention sur la feuille de notification, et l'exemplaire de l'ordonnance de mise en liberté destiné au mis en examen pourra être adressé pour notification et exécution à la maison d'arrêt, dans les conditions décrites infra. En pratique, il souhaitable que dans une telle hypothèse, le greffier ou le magistrat qui a rendu l'ordonnance téléphone préalablement au procureur de la République ou à son substitut pour s'assurer que ce dernier n'a effectivement pas pris de décision.

4. Suite de la décision (ou de l'absence de décision) du procureur de la République

4.1. Notification et mise à exécution de l'ordonnance en l'absence de référé-détention

En l'absence de référé-détention, soit que le procureur de la République ait indiqué qu'il ne formait pas cette voie de recours, soit que le délai de quatre heures ait expiré, l'ordonnance de mise en liberté peut être notifiée et exécutée.
Le greffier du magistrat qui a rendu la décision doit alors adresser au chef de l'établissement pénitentiaire le soit-transmis dont le modèle figure en annexe, complété par les mentions indiquant qu'il s'agit d'une ordonnance non conforme mais qu'aucun référé-détention n'a été formé, accompagné d'un ordre de mise en liberté comportant des indications similaires (ainsi que l'exemplaire de l'ordonnance de mise en liberté destiné au détenu et le formulaire de déclaration d'adresse).

4.2. Notification de l'ordonnance en cas de référé-détention et transmission du dossier à la cour d'appel

a) Notification de l'ordonnance.

En cas de référé-détention, le deuxième alinéa de l'article 148-1-1 prévoit que la personne mise en examen et son avocat en sont avisés en même temps que leur est notifiée l'ordonnance, qui ne peut être mise à exécution, la personne restant détenue tant que n'est pas intervenue la décision du premier président de la cour d'appel et, le cas échéant, celle de la chambre de l'instruction. La personne mise en examen et son avocat sont également avisés de leur droit de faire des observations écrites devant le premier président de la cour d'appel.
Dans un tel cas, le greffier doit alors adresser au chef de la maison d'arrêt le soit-transmis mentionné plus haut, comportant l'indication qu'un référé-détention a été formé et que l'ordonnance ne doit pas être mise à exécution. A ce soit-transmis devra être jointe, outre l'ordonnance de mise en liberté, une feuille spécifique de notification destinée à la personne mise en examen, l'informant du recours du parquet et de la suite de la procédure (et notamment de son droit de faire des observations écrites), dont le modèle figure en annexe de la circulaire. Bien évidemment, dans cette hypothèse, aucun ordre de mise en liberté ne doit être adressé à la maison d'arrêt.
Le greffier doit en outre notifier à l'avocat l'ordonnance de mise en liberté, en utilisant à cette fin un imprimé spécifique qui figure également en annexe, et informe l'avocat de ses droits. Cette notification peut être faite par télécopie.
Il doit être souligné que dans l'hypothèse particulière d'une ordonnance de mise en liberté rendue en présence de la personne mise en examen (en pratique à l'issue d'un interrogatoire (5)), l'ordonnance doit évidemment être immédiatement notifiée à l'intéressé. Celui-ci doit cependant être oralement informé que, cette ordonnance n'étant pas conforme aux réquisitions du parquet, elle est susceptible de faire l'objet d'un référé-détention dans les quatre heures.
Si un référé-détention est ensuite formé par le parquet, la personne doit en être informée, soit par le magistrat si la personne se trouve toujours au tribunal, soit par le greffe de la maison d'arrêt si elle y est entre-temps retournée, le chef de la maison d'arrêt devant également en être informé. En l'absence de référé-détention, l'ordre de mise en liberté est ensuite adressé pour exécution à la maison d'arrêt dont le greffe procède également aux formalités de déclaration d'adresse si celles-ci n'ont pas été faites au tribunal. Un modèle de soit-transmis au chef de la maison d'arrêt qui est spécifique à l'hypothèse dans laquelle l'ordonnance a été notifié à la personne par le magistrat figure en annexe.

b) Transmission du dossier à la cour d'appel.

En pratique, la transmission de la copie du dossier de la procédure au premier président doit se faire, comme en cas d'appel, par les services du parquet et du parquet général, dans les délais les plus brefs puisque le premier président devra statuer au plus tard le deuxième jour ouvrable suivant.
L'article 187-3 prévoit d'ailleurs, comme en matière de référé-liberté, que la transmission du dossier de la procédure au premier président de la cour d'appel ou au magistrat qui le remplace peut être effectuée par télécopie.
En pratique, il est souhaitable que le greffier du magistrat qui a rendu la décision, en même temps qu'il communique la copie du dossier au parquet pour transmission à la cour d'appel, informe par télécopie la première présidence de la cour de l'existence d'un référé-détention. Un imprimé à cette fin figure en annexe de la circulaire.

III. - PROCEDURE DEVANT LE PREMIER PRESIDENT DE LA COUR D'APPEL

1. Magistrat compétent pour examiner le référé-détention

L'article 187-3 dispose que le référé-détention est examiné par le premier président de la cour d'appel ou le magistrat qui le remplace, tout en précisant, dans son avant dernier alinéa, qu'à peine de nullité, le magistrat ayant statué sur la demande de référé-détention ne peut faire partie de la composition de la chambre de l'instruction qui statuera sur l'appel du ministère public.
Le premier président peut évidemment déléguer ses attributions en matière de référé-détention à un conseiller de la cour d'appel, dès lors que celui-ci ne présidera ni ne composera la chambre de l'instruction qui examinera l'appel. Dans les cours d'appel comportant plusieurs formations des chambres de l'instruction, il n'y a évidemment que des avantages à ce que ces attributions soient confiées à l'un des présidents de la chambre de l'instruction, l'appel devant alors être examiné par une chambre présidée par un autre président.
Rien n'interdit non plus, dans les cours d'appel où il n'existe qu'une chambre de l'instruction, que le Premier président délègue ses fonctions en matière de référé-détention au président de la chambre de l'instruction, mais il conviendra alors que la chambre de l'instruction qui examinera ensuite l'appel soit présidée par un autre magistrat.
L'essentiel est en effet que le magistrat examinant le référé-liberté ne préside pas - ni ne fasse partie - de la chambre de l'instruction examinant l'appel, afin d'éviter que sa première décision ne puisse être analysée comme un pré-jugement qui mettrait en cause l'impartialité de la juridiction d'appel.

2. Délai pour statuer sur le référé-détention et sanction du non-respect de ce délai

L'article 187-3 prévoit que le premier président de la cour d'appel ou le magistrat qui le remplace statue au plus tard le deuxième jour ouvrable suivant la demande. Pendant cette durée, les effets de l'ordonnance de mise en liberté sont suspendus et la personne reste détenue. A défaut pour le premier président de la cour d'appel ou le magistrat qui le remplace de statuer dans ce délai, la personne est remise en liberté sauf si elle est détenue pour une autre cause.
Il convient de souligner que la loi a prévu en l'espèce un délai plus court que celui de trois jours ouvrables prévu par l'article 187-1 pour le référé-liberté.
Pour la computation du délai, le jour auquel l'ordonnance a été rendu n'est pas pris en compte. Un référé-détention relatif à une ordonnance de mise en liberté datée du lundi doit ainsi être examiné avant le mercredi minuit, celui relatif à une ordonnance datée du vendredi doit l'être avant le mardi minuit, ou le mercredi minuit si le lundi est un jour férié (un tableau récapitulatif des différentes hypothèses figure en annexe).
Il n'est pas évidemment possible pour le premier président de renvoyer sa décision à une date ultérieure. Par ailleurs, compte tenu de la nature de la procédure, il ne semble pas que des circonstances de force majeure pourraient justifier une décision plus tardive, jusqu'à laquelle la personne pourrait être maintenue en détention
En pratique, il convient qu'avant la date d'expiration du délai, la décision non seulement ait été rendue, mais également, s'agissant d'une décision ordonnant la suspension de l'ordonnance de mise en liberté, qu'elle ait été notifiée, par le chef de l'établissement pénitentiaire, à la personne détenue, faute de quoi celle-ci devra être libérée.
Afin d'éviter toute difficulté dans l'application de ces dispositions, et pour permettre une information aussi complète que possible de la personne mise en examen, du chef de la maison d'arrêt et du premier président, il est prévu dans les imprimés relatifs au référé-détention mentionnés plus haut que soit expressément précisée la date butoir à laquelle la décision du premier président doit intervenir.
Par ailleurs, il appartient bien évidemment au procureur de la République à l'origine du référé-détention et au procureur général de veiller au strict respect du délai imposé par la loi, et d'ordonner la mise en liberté de la personne si ce délai est dépassé, afin d'éviter une détention arbitraire.

3. Conditions dans lesquelles il est statué sur le référé-détention

L'article 187-3 prévoit que le premier président de la cour d'appel ou le magistrat qui le remplace statue au vu des éléments du dossier de la procédure.
Toutefois, s'il en fait la demande, l'avocat de la personne mise en examen peut présenter des observations orales devant ce magistrat, lors d'une audience de cabinet dont le ministère public est avisé pour qu'il y prenne, le cas échéant, ses réquisitions.
Le mécanisme retenu est en réalité exactement similaire à celui prévu par l'article 187-1 en matière de référé-liberté.

4. Décision rendue par le premier président

Le premier président ou le magistrat qui le remplace statue par une ordonnance motivée qui n'est pas susceptible de recours. Il ne peut prendre que deux décisions, selon qu'il suspend les effets de l'ordonnance ou qu'il ordonne la mise en liberté de la personne.

4.1. Suspension des effets de l'ordonnance

L'article 187-3 dispose que si le premier président de la cour d'appel ou le magistrat qui le remplace estime que le maintien en détention de la personne est manifestement nécessaire au vu d'au moins deux des critères prévus par les dispositions de l'article 144 jusqu'à ce que la chambre de l'instruction statue sur l'appel du ministère public, il ordonne la suspension des effets de l'ordonnance de mise en liberté jusqu'à cette date. La personne mise en examen ne peut alors être mise en liberté jusqu'à l'audience de la chambre de l'instruction
La décision de suspension doit donc répondre à une impérieuse nécessité qui, dans la plupart des cas, correspondra à la fois à un risque de fuite ou de réitération de l'infraction particulièrement élevé, concernant des faits ayant causé un trouble particulièrement grave à l'ordre public.
D'une manière générale, la motivation de l'ordonnance - qui pourra en pratique directement s'inspirer des observations du procureur de la République accompagnant le référé-détention (6) - devra non seulement faire état des éléments de l'espèce justifiant au moins deux des raisons de l'article 144, mais indiquer en quoi les obligations du contrôle judiciaire seraient insuffisantes pour prévenir les risques précités.
Cette partie de la motivation présente une importance particulière lorsque la personne a justement été mise en liberté sous contrôle judiciaire : l'ordonnance du premier président doit alors indiquer pourquoi les obligations ou interdictions prévues par l'ordonnance de mise en liberté ne sont pas suffisantes.
Enfin, dans le cas où la détention provisoire dure depuis plus de huit mois en matière correctionnelle ou plus d'un an en matière criminelle, la motivation devra comporter les indications exigées par l'article 145-3 du code de procédure pénale, relatives aux investigations restant à accomplir et au délai prévisible d'achèvement de l'information.
Un modèle d'ordonnance tendant à la suspension des effets de l'ordonnance de mise en liberté figure en annexe de la présente circulaire, accompagné du soit-transmis de cette ordonnance au chef de l'établissement pénitentiaire, pour notification de cette décision au mis en examen (et pour l'information du greffe de l'établissement).
Bien que la loi ne le précise pas, l'ordonnance du premier président doit également être notifiée à l'avocat, le cas échéant par télécopie, et un formulaire à cette fin figure également en annexe (celui-ci étant également utilisable si le premier président décide de la mise à exécution de l'ordonnance de mise en liberté).

4.2. Mise à exécution de l'ordonnance de mise en liberté

Le cinquième alinéa de l'article 178-3 prévoit que, dans le cas contraire, c'est-à-dire s'il n'estime pas le maintien en détention manifestement nécessaire, le premier président de la cour d'appel ou le magistrat qui le remplace ordonne que la personne soit mise en liberté si elle n'est pas détenue pour une autre cause. Cette décision doit également être motivée.
Il n'est pas prévu que ce magistrat puisse ordonner la mise en liberté sous contrôle judiciaire dans le cas où la personne aurait fait l'objet d'une simple ordonnance de mise en liberté. Il n'est pas non plus possible que ce magistrat complète les obligations du contrôle judiciaire qui auraient pu être imposées à la personne mise en examen.
En pratique, la décision du premier président revient à ordonner la mise à exécution de l'ordonnance frappée d'appel.
Un modèle de décision en ce sens, ainsi qu'un soit-transmis pour notification au mis en examen et qu'un ordre de mise en liberté adressé au chef de l'établissement pénitentiaire figurent en annexe de la circulaire.

IV. - PROCEDURE DEVANT LA CHAMBRE DE L'INSTRUCTION

Quelle que soit la décision rendue sur le référé-détention par le premier président ou son remplaçant, appel ayant été formé par le procureur de la République contre l'ordonnance de mise en liberté, ce recours doit être examiné par la chambre de l'instruction. Comme cela a été précédemment indiqué, le magistrat ayant statué sur la demande de référé-détention ne peut, à peine de nullité, faire partie de la composition de la chambre de l'instruction.
Dans l'hypothèse où il n'a pas été fait droit au référé-détention et où la mise en liberté de la personne a été ordonnée, l'appel du parquet est examiné par la chambre de l'instruction selon les modalités habituelles.
Dans le cas contraire, l'article 187-3 prévoit un certain nombre de règles spécifiques, destinées à limiter les effets de la suspension (IV.1) et à garantir les droits de l'intéressé (IV.2).

1. Délai d'examen de l'appel par la chambre de l'instruction

La chambre de l'instruction doit se prononcer dans les plus brefs délais et au plus tard dans les dix jours de l'appel, faute de quoi la personne est mise d'office en liberté si elle n'est pas détenue pour une autre cause.
Les délais de vingt ou quinze jours, prévus par les articles 194 et 199 du code de procédure pénale, en pratique lorsque l'appel est formé par la personne mise en examen contre une ordonnance de refus de mise en liberté (selon qu'elle a ou non demandé à comparaître), ne sont donc pas applicables en l'espèce. Un délai plus court a en effet paru nécessaire au législateur, dans la mesure où, en l'absence de référé-détention, la personne aurait dû normalement être libérée. Ce délai court à compter de la date de l'ordonnance de mise en liberté, et non de la décision du premier président.
Il s'ensuit que dès le début de la procédure de référé-détention, et sans attendre la décision du premier président, le parquet général devra anticiper l'audience de la chambre de l'instruction (d'autant que compte tenu du mode de computation - en jours ouvrables - du délai dans lequel le premier président doit statuer, il peut arriver que l'audience de la chambre de l'instruction doive se tenir très peu de jours après la décision rendu sur le référé-détention).
Il n'y aurait à cet égard que des avantages à ce que la date de cette audience soit systématiquement fixée dans les dix jours (au plus tard), et qu'elle se tienne à la date prévue, même si le référé-détention a été rejeté, alors même que dans un tel cas l'article 187-1 ne fixe aucun délai d'audiencement.
Enfin, il doit être signalé que les nouvelles dispositions paraissent imposer à la chambre de l'instruction de statuer sur le fond de l'appel dans le délai de dix jours, mais ne lui permettent ni de renvoyer l'affaire à une audience ultérieure, ni de mettre sa décision en délibéré, au-delà de ce délai.

2. Déroulement des débats devant la chambre de l'instruction

L'article 178-3 précise que la comparution personnelle de la personne mise en examen devant la chambre de l'instruction est de droit.
Cette précision était nécessaire pour garantir les droits de la personne, puisque celle-ci n'étant pas à l'origine de l'appel, elle n'a pu demander sa comparution personnelle en application des dispositions de l'article 199.
Elle implique que le parquet général doit systématiquement prévoir l'extraction de la personne, mais ne signifie évidemment pas que la chambre de l'instruction ne pourrait pas statuer sur le fond de l'appel si la personne refuse d'être extraite.

*
* *


Je vous serais obligé de bien vouloir veiller à l'application des dispositions commentées par la présente circulaire.
Compte tenu de l'intérêt des dispositions relatives au référé-détention au regard des exigences de préservation de l'ordre public, il conviendra que les procureurs généraux informent systématiquement le ministère de la justice, sous le timbre de la direction des affaires criminelles et des grâces, de toutes les procédures de référé-détention mises en oeuvre dans leur ressort et des suites qui leur auront été données. Devra être utilisée à cette fin la fiche de signalement figurant en annexe de la présente circulaire.

Pour le garde des sceaux, ministre de la justice,
Le directeur des affaires criminelles et des grâces,
J.-C. MARIN

____________

(1) Tel sera le cas si un mineur est mis en liberté sous contrôle judiciaire, compte tenu des nouvelles dispositions de l'article 10-2 de l'ordonnance du 2 février 1945, qui exigent alors que le juge procède lui-même à la notification au mineur de ses obligations.

(2) En théorie, si le juge des libertés et de la détention saisi aux fins de prolongation de la détention provisoire ne se borne pas à refuser cette prolongation mais, comme cela se fait couramment en pratique, ordonne, sans attendre l'échéance du mandat de dépôt, la mise en liberté de la personne - éventuellement sous contrôle judiciaire - il pourrait être soutenu que le référé-détention est juridiquement possible. Mais il ne présente alors aucun intérêt pratique, compte tenu de l'impossibilité matérielle de faire statuer la chambre de l'instruction pour qu'elle ordonne la prolongation de la détention avant la date d'échéance du mandat.

(3) Il convient d'indiquer que la rédaction du premier alinéa de l'article 148-1-1 comporte une coquille, sans conséquence juridique, en faisant référence à la notification de l'ordonnance "du" procureur de la République, alors qu'il faut évidemment lire la notification de l'ordonnance "au" procureur de la République.

(4) Même si le procureur, avisé par téléphone par le juge ou son greffier de l'ordonnance non conforme, fait alors connaître sa décision de ne pas former de référé-détention - ce qui pourrait donner lieu à une mention écrite de la part du juge ou du greffier - il est préférable, pour éviter tout contentieux ultérieur, que cette décision fasse l'objet d'un écrit signé par le magistrat du parquet.

(5) Ce qui sera notamment le cas lorsqu'un mineur sera mis en liberté sous contrôle judiciaire, cf. supra note n° 1.

(6) Ainsi que, s'il s'agit d'une décision de mise en liberté prise par le juge des libertés et de la détention à qui le juge d'instruction avait transmis une demande de mise en liberté par le biais d'une ordonnance motivée concluant au rejet de cette demande, des motivations figurant dans cette ordonnance.

© Ministère de la justice - Février 2002

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