Une école au service des orientations de la PJJ
Jean-Louis DAUMAS, directeur de l’ENPJJ
C’est le conseil interministériel d’aménagement du territoire qui a décidé en 1994 de délocaliser le Centre national de formation et d’étude de la Protection judiciaire de la Jeunesse qui était implanté à Vaucresson depuis 1951. L’Ecole nationale de Protection judiciaire de la jeunesse reprend les valeurs portées pendant 57 ans par le CNFE-PJJ tout en engageant de nouveaux axes de travail. L’école se veut au service des orientations stratégiques nationales de la Protection judiciaire de la jeunesse telles que le recentrage au pénal et une plus grande efficience de la conduite de l’action éducative. Pour répondre au mieux à ces enjeux, j’ai souhaité une école ouverte sur l’extérieur. C’est par le décloisonnement et l’ouverture que notre action répondra aux attentes de la Nation telles que le législateur les a traduites. Les formateurs ne sont pas tous issus de la Protection judiciaire de la jeunesse. J’ai fait appel à d’autres professionnels venus d’horizons très divers. Nous accueillons ainsi une magistrate, un directeur d’hôpital, un universitaire de renom, une personne issue de l’administration pénitentiaire ou encore une chef de service de l’institut régional d’administration de Lille. L’ENPJJ est désormais la quatrième école du ministère de la Justice avec l’Ecole nationale de la magistrature (ENM), l’Ecole nationale de l’administration pénitentiaire (ENAP) et l’Ecole nationale des greffes (ENG). Je souhaite développer des partenariats avec elles et les 38 autres écoles de service public. Cette pluridisciplinarité ne peut être qu’un plus essentiel pour former nos professionnels qui oeuvrent en hébergement, milieu ouvert, insertion ou intervention éducative en milieu fermé, dans les établissements pénitentiaires pour mineurs (EPM) et quartiers mineurs (QM) en maisons d’arrêt. La formation par filières professionnelles a été remplacée par une structuration en cinq grands champs disciplinaires communs aux métiers de la PJJ : Droit et politiques publiques, Sciences humaines, Gestion publique et techniques administratives, Communication et informatique pédagogique, Action éducative. Les stagiaires alternent périodes de cours à l’école et stages pratiques dans les services pour être au plus près des réalités de terrain et des mineurs dont ils auront la charge.