Une chance de taille
A la maison centrale de Saint Martin de Ré, des détenus façonnent leur avenir
Cette initiative a été financée en partie par le fonds social européen (FSE). Institué par le Traité de Rome en 1957, il permet d'apporter une aide financière aux projets favorisant la réinsertion des victimes de violences, des mineurs en difficulté et des personnes détenues.

Depuis 1996, la maison centrale de Saint Martin de Ré (Charente-Maritime) offre la possibilité, chaque année, à une quinzaine de détenus de suivre une formation de tailleur de pierre.
A raison de 30 heures par semaine (soit 1 350 heures annuelles), les « stagiaires », comme on les appelle, apprennent aussi bien à tailler la pierre calcaire, le granit ou la pierre marbrière qu'à rénover des édifices. Ils disposent pour cela des outils manuels et pneumatiques nécessaires à l'apprentissage du métier.
A l'issue de cette formation organisée par l'Association nationale pour la formation professionnelle des adultes (AFPA), ils passent un examen pour « décrocher » le titre de tailleur de pierre délivré par le ministère du Travail.
En permettant aux détenus d'acquérir un savoir professionnel et d'obtenir un diplôme qui leur offre directement des débouchés sur le marché du travail, cette formation représente un outil efficace pour lutter contre la récidive.
Par ailleurs, la dimension artistique de cet artisanat est de nature à leur ouvrir des espaces jusqu'alors inconnus, facteur supplémentaire d'équilibre individuel. Cette formation, est donc un « facteur de confiance réelle pour l'avenir » selon les mots de Franck, un ancien stagiaire.
Ils témoignent :
« Si certains ont dès le début une motivation pour ce métier, d'autres accrochent après une période d'adaptation. C'est alors une satisfaction de les voir s'intéresser et progresser. »
Fabrice Martin, formateur à la taille de pierre
« Les premiers mois ont été difficiles jusqu'au moment où j'ai réalisé un violon en pierre, ce fut comme un déclic »
Pierre, détenu ayant participé à la formation
« Au delà de l'aspect professionnel, cette formation représente un facteur positif de re-mobilisation des personnes détenues »
Frantz Pineaud, chef des services d'insertion
et de probation de Charente-Maritime