Sensibilisation des jeunes au droit et à la Justice à Annecy
Le jury du concours « le droit au quotidien » a procédé à la remise des prix
Mardi 6 mai. Après un an de travail, c'est l'heure de vérité. Les collégiens et lycéens savoyards qui ont participé au concours juridique organisé par le tribunal de grande instance d'Annecy vont enfin savoir quelles sont les classes primées. Récit de cette matinée.
C'est pour la plupart des élèves, la première fois qu'ils pénétraient à l'Impérial Palace. Impressionnés, peut-être pas encore très bien réveillés, ils se sont installés en silence dans la salle de conférence de ce grand hôtel d'Annecy. En attendant la remise des prix...
Premier président près la Cour d'appel de Chambéry, Bâtonnier, Inspecteur d'académie, représentants de la Préfecture, membres du jury ... se sont succédé à la tribune pour rappeler les bienfaits de ce concours.
« En faisant pénétrer le droit dans notre jeunesse, il permet de garantir la démocratie » a estimé le Premier président. « Avec ce concours, vous avez aussi appris à ouvrir votre esprit, à être curieux intellectuellement » a renchéri l'Inspecteur d'académie.
« Un très beau projet »
Rachida Dati, qui n'a pu être présente, a également tenu à adresser un message. « Ce concours est un très beau projet. Il permet à chaque jeune, futur citoyen, de savoir qu'il a des droits et des obligations » a insisté le Garde des Sceaux.
Tous ont salué l'investissement personnel de Christine Wauquier, vice-présidente du tribunal de grande instance d'Annecy, organisatrice du concours depuis plus de dixans. « Vous avez construit une oeuvre, vous avez honorez le travail des magistrats » a souligné le Premier président.
Puis, vint l'annonce, tant attendue, des résultats. Maître Ricchi, membre du jury, a signalé que la délibération a duré deux heures avant d'indiquer : « nous avons primé les oeuvres selon leur qualité intrinsèque mais aussi en considération de la classe d'âge ».
Surprise
Les élèves si sages lors de chaque discours ont laissé éclater leur joie. « Je suis très fière que ma classe ait gagné, on ne s'y attendait pas » a lâché Mathilde, en 4ème au collège de la Côte, dont la classe a imaginé le procès des élèves délinquants de l'oeuvre d'Hubert Ben Kemoun, "Jours avec et jours sang". Les élèves ont endossé pour l'occasion le rôle de juge, de juré, d'avocat ou de prévenu.
Une approche ludique du droit et de la Justice qui a des vertus pédagogiques. « La Justice, c'est assez sévère pour les petites choses. Il ne faut pas faire de bêtises » a commenté Mathilde. Et Halim d'ajouter : « il ne faut pas trouver que c'est sévère, c'est juste, comparé aux fautes qui sont commises ».
Les enseignants y trouvent aussi leur intérêt. « Il s'agissait pour les élèves de mieux connaître le monde de la Justice, d'apprendre à argumenter » a expliqué Nadia Hézard, professeure de français dans cette classe. « Cela leur a aussi permis de mieux connaître leurs droits et leurs devoirs comme cela est prévu dans les programmes de 4ème » a précisé Anne-Sophie Morice, professeur d'histoire-géographie.
Le bilan de ce concours est donc extrêmement positif. « On a touché 5 400 jeunes pendant ces dix années a constaté Christine Wauquier. Cela m'apporte une grande satisfaction personnelle, professionnelle d'avoir intéressé ces jeunes à la Justice, au droit car dans notre système démocratique, le pouvoir judiciaire doit être représenté, reconnu et compris ».