Retour sur "Images de Justice", le festival documentaire rennais
Selon la formule consacrée, le lundi 4 février, le président de l’ARAP (Association régionale pour l'animation du Parlement de Bretagne) a déclaré ouvert le festival, « Images de justice » quatrième du nom, en présence de Monsieur le préfet, de Monsieur le premier président de la Cour d’appel, de Messieurs les directeurs régionaux de l’AP et de la PJJ.
Ce rendez-vous bisannuel avec le grand public s’est déroulé du 4 au 10 février. 1 500 spectateurs ont fréquenté les deux sites de projection : l’après-midi à la maison du Champ de Mars, lieu de vie des associations rennaises, et le soir au Parlement de Bretagne, siège de la Cour d’appel.
Dix-neuf documentaires sur le thème de la justice ont été programmés par l'ARAP et les associations Bug et Comptoir du Doc. Dix-sept réalisateurs invités ont participé aux débats organisés après les projections en présence de représentants de nos différentes administrations.
Madame Barbara VILLEZ, professeur à l'Université de Paris X, membre du groupe de recherche européen « Justice en Images » créé par l'Institut des hautes études sur la Justice, auteur d'un livre « Séries télé, visions de la justice », était présidente du jury.
Cette année, le jury du festival « Images de justice » composé à parité d’éminents membres du monde de la justice et de cinéastes, réuni le samedi 9 février à Rennes, a décerné :
• le prix du festival au film documentaire de Stéphane MERCURIO « A Côté ». Ce film a été coproduit par Iskra et la société rennaise Mille et un films et sera distribué en salle en 2008.
• la mention spéciale va, à l’unanimité du jury, à « Outreau, autopsie d’un désastre » de Jacques RENARD, un film coproduit par Flach film, LCP Assemblée nationale et France 5.
Cette manifestation aujourd’hui très attendue sur la place de Rennes s’inscrit dans une volonté de communiquer, de débattre, d’échanger sur les pratiques de la justice.
Comme l’indiquait Jean-Luc GODARD, « il n’y a pas d’image juste, mais juste une image ». Selon le philosophe Clément ROSSET, cette réalité mise à distance est la source principale du plaisir offert par le cinéma : « le cinéma nous offre tout ce que la réalité nous épargne alors qu’elle l’inflige à d’autres et pourrait nous l’infliger à nous-mêmes… ».
Le grand écran nous permet d’échapper au réel et nous emmène dans un autre lieu, une autre temporalité. Il n’y a pas de cinéma vérité, les films passent par le filtre du regard du réalisateur. Ils portent peut-être simplement sur la relation, sur la rencontre. Ils donnent à voir. Les images nous aident à nous questionner sur l’action de la justice. Elles nous permettent d’élargir notre regard. Mais il ne faudrait pas oublier que, malgré la rigueur du travail, l’indispensable impartialité, l’humain reste au cœur de la justice.
La démarche est bien devant l’évolution de la société, l’évolution des mœurs,de contribuer à faire comprendre la justice ; dans le respect des lois posant ainsi la problématique du droit à l’image et du droit à l’oubli, et ce peut-être de façon plus accrue en direction des mineurs (controverse aujourd’hui pour certains). Une vraie réflexion éthique, juridique et technique est posée face aux sollicitations toujours croissantes des professionnels de l’image. L’ouverture démocratique et la volonté très louable de montrer le fonctionnement de la justice au plus grand nombre ne pourront faire l’économie d’un examen très attentif, des tenants, des aboutissants, des enjeux que seul le législateur pourra traiter (demain).

« Arrêts sur délit », un film de Corinne Moutout, débat en présence de Christian Belbéoc’h, DRA. | 
« Les enfants du juge Véron », un film de Daniel Karlin, table ronde en présence de Jean-François Launay, chef de la cellule communication. | 
« Nisida, grandir en prison », un film de Lara Rastelli, débat en présence de Jean-Pierre Valentin, DR. |