Rachida Dati confirme la création du juge délégué aux victimes
Le garde des Sceaux entend placer la victime au coeur de l'organisation judiciaire
Clôturant la septième rencontre des associations de victimes et d’aide aux victimes, le 6 juillet à Melun, Rachida Dati, garde des Sceaux, ministre de la Justice, a réaffirmé la création du juge délégué aux victimes. Il sera mis en place dès le 1er septembre 2007. Le ministre a en outre décliné les principes qui guideront son action en faveur des victimes.
« Vous savez que les victimes ce ne sont pas les autres, ce ne sont pas des malchanceux qui se trouvent au mauvais endroit au mauvais moment. Non, la victime ce peut être chacun d’entre nous » a rappelé le ministre de la Justice lors de son allocution devant les associations de victimes et d'aide aux victimes, à l’école des officiers de la Gendarmerie Nationale de Melun
Reprenant une idée présente dans son discours de Bobigny, Rachida Dati a poursuivi : « Je ne veux pas que les délinquants aient plus de droits que les victimes ».
Marquant sa volonté de replacer la victime au cœur du système judiciaire, le ministre de la Justice a présenté ses priorités. Amélioration de leur écoute, audition en Justice, accès facilité sur l’évolution de la procédure, information et explication des procédures judiciaires sont autant d’objectifs fixés.
Un juge délégué aux victimes (JUDEVI) sera créé à cet effet. Il aura notamment pour mission de « remédier à la dispersion des actions et des responsabilités en guidant la victime dans les méandres de l’institution judiciaire ». Il devra aussi permettre aux victimes des jeunes délinquants de faire pleinement valoir leurs droits. Il veillera enfin à la protection de la victime après la libération du condamné. Et vérifiera que l’indemnisation de la victime par le condamné est bien réalisée, en veillant à ce que la démarche d’indemnisation ne soit pas « un parcours du combattant » pour la victime. Le garde des Sceaux étudie la mise en place d’un service d’aide au recouvrement des dommages et intérêts.
Rachida Dati a en outre rappelé que les associations constituaient un relais essentiel des pouvoirs publics.
« Je veux créer une véritable politique en direction des victimes. Je serai toujours à l’écoute des associations de victimes» a conclu le ministre juste avant de passer la parole à Michèle Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur de l’Outre-mer et des Collectivités territoriales.
Elus, représentants de l’Etat, magistrats, fonctionnaires de police et militaires de la Gendarmerie ainsi que représentants d’associations de victimes et d'aide aux victimes, plus de 300 personnes étaient présentes pour écouter les discours des deux ministres.
La collation qui a suivi a permis à ces derniers d’aller à la rencontre des invités. Rachida Dati a répondu aux questions des membres d’associations.
Marie-Rose Bletry, secrétaire de l’association Christelle, association qui s’occupe d’aider les familles victimes d’agressions criminelles, est ainsi très contente d’avoir pu parler au garde des Sceaux. « Elle est très abordable, elle a promis de me recevoir » a-t-elle lâché. « Le fait que les familles de victimes puissent aborder directement le ministre, c’est super » a-t-elle poursuivi.
« Ces rencontres sont très positives. Elles favorisent un contact informel avec les associations » a renchéri Karine Lejeune, capitaine de gendarmerie, déléguée aux victimes. « Nous sommes de plus en plus sollicités par les associations qui aimeraient venir, mais, il est difficile de toutes les inviter. Le bouche à oreille fonctionne trop bien » a-t-elle poursuivi.

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Rachida Dati à la rencontre des associations de victimes et d'aide aux victimes Crédits photo J-F GUIOT - DICOM |