Onze ans de formation aux premiers secours à Toulouse
Depuis 1999, le service d’insertion de Toulouse organise plusieurs sessions de formation aux premiers secours par an, en partenariat avec les Compagnies républicaines de sécurité (CRS). Retour sur ces onze années, entre apprentissages civiques et découverte de l’autre.
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Lucien LABORIE, CRS, explique l'utilisation du défibrillateur à un jeune de la formation. |
« Allo bonjour, je suis en présence d’une victime inconsciente mais qui respire, il s’agit d'un jeune homme de 17 ans, je l’ai mis en PLS, je suis 7 rue La Cale, au rez-de-chaussée.»
Le texte est crucial, et aucun détail ne leur échappe. Lucien LABORIE et Luc THOMAS sont CRS dans la section 26 à Toulouse. Aujourd’hui, ils sont venus avec leur survêtement de la « police nationale » pour former sept mineurs suivis par la Protection judiciaire de la Jeunesse (PJJ) du département aux gestes de premiers secours.
A l’origine, les contrats locaux de sécurité
C’est dans le cadre légal des contrats locaux de sécurité (CLS) que le service d’insertion de Toulouse met en place la première session de cette formation en février 1999. Elle concerne alors 10 jeunes de la classe relais Sainte-Lucie et 12 jeunes majeurs suivis par la mission locale et la PJJ.
En onze ans, la formation a évolué, tant au niveau de son contenu que du public visé. « Cette initiative concernait à l’origine les mineurs suivis par notre service d’insertion, avec les jeunes de la mission locale. Avec les années, nous nous sommes recentrés sur un public PJJ », explique Elisabeth DESSAUX, directrice du Service territorial éducatif et d’insertion (STEI) de Toulouse. « Nous fonctionnons bien avec les autres structures. Nous les contactons à chaque fois que nous organisons des sessions afin que leurs jeunes puissent s’y greffer ». Les journées des 17 et 18 février sont bien la preuve d’une bonne coordination des services : des mineurs venus des services d’insertion, de placement (EPE) et de milieu ouvert étaient présents.
Au niveau du contenu, la formation aussi s’est adaptée. « Pour rendre la formation plus motivante, nous organisons un écrit sur la dernière demie journée. A la fin, chaque participant qui a validé l’examen reçoit une attestation du service, en attendant l’obtention du diplôme officiel, délivré quelques mois après ».
Une ouverture d’esprit pour les acteurs en présence
Retour dans notre salle de classe où l’ambiance se révèle plus que studieuse. Après avoir observé attentivement la démonstration, les jeunes passent deux par deux pour effectuer les exercices, répétant avec précision les gestes et les consignes des deux moniteurs éducateurs.
Lucien LABORIE travaille en partenariat avec le STEI depuis six ans. Il a une vision particulière des relations qu’il a pu tisser avec les jeunes de la PJJ : « Je voulais qu’ils changent leur regard sur les CRS, mais l’inverse s’est également réalisé. J’ai changé mon regard sur eux. Même si il est clair que chacun reste dans son rôle ».
Même constat du côté de l’équipe éducative. Chantal MARC, l’éducatrice qui suit le projet depuis ses débuts, parle en connaissance de cause. Elle voit un changement dans le regard des mineurs qui ont suivi cette formation. « Nous tenons à ce que ce soient les CRS qui la dispensent. Il est indéniable que cela crée des relations humaines».
La directrice du service envisage d’approfondir le projet en organisant une remise de diplôme officielle en présence des familles, des CRS moniteurs et de quelques partenaires. « Les jeunes sont fiers de pouvoir montrer le fruit de leur travail et l’implication des parents doit être l'un de nos prochains axes de travail ».