Mesure de réparation de haut niveau à Gruissan (11)
Cinq mineurs, suivis par le milieu ouvert de l’Aude, ont participé, le 17 février, à une mesure de réparation sur le site de La Clape, à côté de Narbonne. Au programme : nettoyage du site, balisage et escalade. Une expérience pédagogique originale que le service compte pérenniser.
C’est une équipe de choc qui se retrouve aux abords du massif de La Clape, sur la commune de Gruissan (11). Cinq mineurs, suivis par le Service territorial éducatif de milieu ouvert du département, accompagnés par leurs éducatrices, Nathalie PITHON et Ourida KHADIR, écoutent avec attention Mickael CONNARMOND, moniteur-éducateur escalade, qui présente le programme de la journée : « Aujourd’hui, nous sommes sur le site dit « des Caunes » qui est réservé à l’escalade. Je vous demanderai bien entendu de veiller à bien respecter ce lieu. Nous allons procéder à des opérations de balisage et de débroussaillage et, cet après-midi, nous essayerons de grimper l’un des versants ».
Entre pédagogie de la règle et connaissance du monde social
A Gruissan, les éducateurs ont souhaité regrouper les mesures de réparation pénale de cinq mineurs en une unique action collective. L’ordonnance de 1945 qui régit la justice pénale des mineurs énonce que « la réparation pénale a pour but d'inculquer au mineur une pédagogie de la règle et de la norme. La réparation poursuit un deuxième objectif qui est de favoriser l'insertion sociale en améliorant la connaissance que le mineur a du monde social ».
Sur le versant pédagogique, Serge LUBOZ, directeur territorial Pyrénées-Orientales/Aude, venu prendre connaissance du travail de l’équipe éducative, observe une mise en avant du civisme .« Au-delà de l’action d’aménagement du site, les encadrants insistent sur ce point en permanence. Chaque acte est accompagné de règles de respect du site et de la nature ».
Ourida KHADIR, éducatrice à Carcassonne, y voit aussi une occasion pour eux de s’ouvrir socialement. « Certains appartiennent à un quartier et n’en bougent que très rarement. Ce matin nous sommes partis de Carcassonne pour Narbonne. Pour certains, c’est déjà tout un voyage ».
La durée de la mesure de réparation varie selon les cas, elle dépend des actes mais également des disponibilités de chacun. Nathalie PITHON, à l’origine du projet apporte une précision. « Cette mesure ne se limite pas à une journée sur le terrain, il faut réfléchir en amont sur l’acte posé avec le mineur. Après l’action, dans la mesure du possible en lien avec les faits incriminés, ils réalisent un écrit qu’ils remettent au juge ».
« L’escalade n’est pas une activité simplement ludique »
Après avoir travaillé une matinée entière sur le site, les mineurs ont bénéficié d’une initiation à l’escalade, qui, pour l’accompagnateur, « n’est pas uniquement une activité ludique. Elle ne met pas en valeur les plus forts, qui souvent se retrouvent plus en difficulté. Elle nous permet de travailler les notions d’estime de soi, mais aussi la sécurité et la responsabilité ».
Même constat pour l’éducatrice qui gère le projet. Le choix de ce sport est dans la lignée des objectifs de la mesure de réparation. « C’est un média qui permet de prendre conscience de la nécessité de l’autre pour pouvoir avancer. Cette activité peut-être un support à la socialisation, à l’acquisition du contrôle et de la maîtrise de soi ».
Un projet plein d’avenir
Des activités d’entretien ou d’aménagement d’espaces, beaucoup de choses sont réalisables sur le site de La Clape et ses environs. La veille, un groupe de mineurs de Narbonne avaient commencé leur mesure de réparation avec les brigades "bleues-vertes" de la mairie de Gruissan en nettoyant le cimetière marin. Les agents municipaux avaient même mis à disposition l’équipement nécessaire.
Un projet débroussaillage et escalade avait été monté une première fois fin octobre. Nathalie PITHON envisage d’en faire un rendez-vous ponctuel lors des vacances scolaires de Toussaint, d’hiver et de Pâques. Elle projette également de décliner le concept à d’autres cadres pénaux : un stage de citoyenneté ou encore un projet d’insertion en lien avec la Mission locale.
