Rachida Dati : « Il faut briser la loi du silence »
Rachida Dati, Garde des Sceaux, ministre de la Justice, s'est rendue, lundi 1er décembre 2008, à Montpellier, pour participer à une réunion relative à la lutte contre les mariages forcés. L'occasion de lancer un appel national à la mobilisation et de souligner la nécessité de développer des actions de prévention et d'information.
Selon le Haut-conseil à l'intégration, 70 000 adolescentes seraient concernées en France par les mariages forcés. Cette évaluation chiffrée, même si elle est impossible à confirmer, souligne la nécessité d'intervenir.
Afin d'aider ces femmes, Rachida Dati a affirmé sa volonté de développer des actions de prévention et d'information. « A Paris, un guide pratique informant les jeunes filles sur leurs droits et les moyens d'agir a été largement diffusé » a-t-elle expliqué, avant de signaler qu'un site Internet a été mis en place pour prévenir les mariages forcés.
Mais les actions de prévention et de sensibilisation doivent être également tournées vers les familles. « Il faut expliquer aux pères et mères de familles qu'ils ont des droits vis-à-vis de leurs enfants, mais aussi des devoirs » a insisté le Garde des Sceaux, notamment celui de respecter l'intégrité et la dignité de leurs enfants.
« Accompagnées vers l'autonomie »
Pour éviter que les jeunes filles ayant eu le courage de dire non ne se retrouvent dans une situation de rupture familiale, livrées à elles-mêmes et complètement démunies, Rachida Dati a souhaité qu'elles soient « accompagnées vers l'autonomie ».
A Montpellier, le réseau « Jeunes filles confrontées aux violences et aux ruptures familiales » a développé une approche innovante en la matière. Un accompagnement personnalisé dans des familles d'accueil étant proposé aux jeunes filles en rupture familiale. Le Garde des Sceaux a souhaité que cette initiative « puisse se généraliser partout ».
La loi doit également protéger davantage les personnes contraintes au mariage. Rachida Dati a annoncé que les services du ministère de la Justice sont en train d'élaborer un texte visant à « sanctionner ceux qui obligent les jeunes filles à se marier contre leur volonté en usant de menaces, de violences, de pressions ou de tout autre moyen altérant le consentement ». Une circonstance aggravante devrait être créée.