Conseiller d'insertion et de probation : prévenir la récidive
Conseiller d'insertion et de probation : prévenir la récidive
Fonctionnaires de l'administration pénitentiaire, les conseillers d'insertion et de probation interviennent auprès des personnes placées sous main de justice. Pour prévenir la récidive, ils vont lutter contre la désocialisation, préparer la libération et contrôler que le détenu remplit ses obligations.
Le conseiller d'insertion et de probation a pour but de prévenir la récidive en aidant la personne à prendre conscience de sa responsabilité dans le passage à l’acte, en rétablissant le dialogue entre le délinquant et la société et en préparant sa réinsertion.
Après une saisine par le magistrat mandant du service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP), le CIP travaille au sein d’antennes du SPIP. Il exerce soit en milieu fermé auprès de détenus, soit en milieu ouvert pour les personnes soumises à une mesure restrictive de liberté ou pour les personnes placées sous contrôle judiciaire.
En milieu fermé : il prépare la sortie de la personne et sa réinsertion tout en veillant notamment à maintenir les liens familiaux. Il facilite l'accès aux soins, au droit, aux programmes de formation ou d'insertion professionnelle ;
En milieu ouvert : il va coordonner le parcours d'exécution de la peine. Il peut fournir une aide à la décision en proposant au juge un diagnostic sur l'évolution de la personne.
Trois questions à Karyn Berrou, chargée de formation au département des stages de l'Ecole nationale de l'administration pénitentiaire :
Comment sont formés les conseillers d'insertion et de probation ?
"Après le concours, une formation de deux ans commence à Agen. Elle comprend des modules théoriques : droit pénal, réglementation pénitentiaire, techniques professionnelles, criminologie, lutte contre les exclusions,... et des stages d'immersion en juridiction au sein d'un service pénitentiaire d'insertion et de probation.
Une période sous l'uniforme en tant que surveillant est également au programme. Au cours de la seconde année, les futurs conseillers ont un stage de préaffectation et soutiennent un projet professionnel."
Comment le conseiller d'insertion et de probation travaille-t-il ?
"L'outil de travail primordial reste l'entretien individuel, que ce soit en milieu ouvert ou fermé. Les faits sont évoqués avec la personne placée sous main de justice, puis la suite est envisagée : que faire après ? Une des orientations données à notre travail est la mise en oeuvre de programmes de prévention de la récidive par le biais de groupes de parole notamment."
Avec qui travaille-t-il ?
"Le conseiller travaille en réseau avec les partenaires locaux : les services sociaux du département, les missions locales et le Pôle emploi et bien sûr les services pénitentiaires et les juridictions. Chaque service pénitentiaire d'insertion et de probation travaille avec des partenaires associatifs pour le logement et le travail."
Qualités et compétences
Le concours externe est ouvert aux personnes titulaires d’un diplôme sanctionnant la réussite de deux années d’enseignement supérieure après le baccalauréat soit d'un titre ou diplôme équivalent, soit d'un diplôme d'assistant de service social ou d'éducateur spécialisé. L'accès se fait aussi pour les personnes qui justifient de quatre ans de service public effectif.
Le conseiller doit avoir l'esprit de synthèse et d'analyse. Outre une grande capacité d'écoute et l'ouverture d'esprit, le conseiller doit pouvoir s'adapter aux conditions de travail en milieu carcéral.