Reportage lors de la finale nationale du tournoi des quartiers au stade de Colombes
"Démontrer que le rugby pouvait aller dans d'autres territoires, notamment dans les quartiers dits sensibles".L'objectif était ambitieux. Le succès est au rendez-vous.
Entre 3 000 et 4 000 jeunes de 11 à 17 ans, dont 200 de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), ont participé au tournoi régional des quartiers qui s'est tenu dans les huit régions ayant accueilli des matchs de la coupe du monde de rugby. Les deux meilleures équipes régionales (16 au total) se sont retrouvées au stade de Colombes pour la finale nationale.
Kévin, un jeune participant Sétois, suivi par les services de la PJJ, s'est souvenu de ce qui a déclenché son envie de faire du rugby: "j'avais l'habitude de regarder les matchs avec ma grand-mère, je me suis dit pourquoi ne pas essayer. J'ai donc chaussé les crampons et depuis je n'ai jamais arrêté. J'aime les valeurs qui y sont inculquées".
"Le rugby apprend l'esprit d'équipe, la loyauté, le respect de ses partenaires, de l'adversaire, et des règles . Tout ce qui au quotidien permet de vivre avec soi-même" a renchéri Stéphane Jourdan, président de l'association France Rugby Cité, organisatrice du tournoi.
Le tournoi justement, se compose de matchs de rugby, bien évidemment. Mais, ce n'est pas tout. Il y a également un parcours de vitesse chronométré avec saut d'obstacles, placages, passes, et marquage d'un essai. Il y a enfin, un quizz avec des questions de droit, de citoyenneté. Eduquer, intégrer, deux mots clés.
"Grâce aux partenariats associatifs (avec France Rugby Cité), et économiques (avec la SNCF et le groupe Leader Price), le tournoi nous permet d'inscrire nos jeunes, non pas dans un seul parcours judiciaire, mais, dans un parcours avec la société, avec la vie civile" a, en outre, expliqué, Philippe-Pierre Cabourdin, directeur de la protection judiciaire de la jeunesse.
Kévin a ainsi récolté récemment les fruits de son investissement rugbystique. "Je viens de décrocher un travail au service des sports de la mairie de Frontignan. Et cela grâce au rugby" a-t-il indiqué, très fier de ce que le rugby a pu lui apporter tant du point de vue personnel que professionnel.
Mais, au fait, qui est le gagnant du tournois? Vincent Delano, salarié de l'association France Rugby Cité et ancien rugbyman de haut-niveau balaye la question. "Il n'y a pas d'équipe gagnante aujourd'hui. Nous cherchons la convivialité et non pas le côté compétitif" a-t-il lâché. "Tous ceux qui sont venus à Paris sont vainqueurs. Ils ont reçu les mêmes cadeaux, et ont pu assister à la petite finale de la coupe du monde de rugby au stade de France" a précisé Stéphane Jourdan.
Pour la première édition du tournoi, les organisateurs et les participants ont transformé l'essai en succès. En avant toute, pour l'année prochaine.