L'aide de mineurs sous mandat judiciaire aux sinistrés de Vendée
Les mineurs de l'EPEI d'Epernay ont prêté main forte aux équipes municipales de nettoyage
Emus par les dégâts causés par le passage de la tempête Xynthia en Vendée, six mineurs confiés à l’Etablissement de placement éducatif et d’insertion (EPEI) d’Epernay, dans la Marne, ont souhaité se mobiliser et se rendre sur place pour aider les équipes municipales de La Faute-sur-Mer. Recueil de leurs ressentis compilés par écrit au cours de cette action de solidarité qui s’est déroulée du 8 au 13 mars.
Une prise de conscience

Les rues encombrées par les meubles des particuliers. |
D’abord, il y a l’arrivée sur cette terre boueuse et collante, maintes fois décrite dans les médias. Les meubles des particuliers qui ont pu être sauvés sont posés sur le bas-côté de la rue.
C’est cette vision qui frappe d'abord Jonathan qui se sent « obligé d’aider ces pauvres gens, car ils ont tout perdu ». Devant l'ampleur des dégâts, Xavier a « mal au cœur pour eux ». C’est la première fois qu’il voit les conséquences d’une telletempête.

Il a fallu évacuer la boue, puis nettoyer les allées. |
Une fois passées la surprise et l’émotion, il a fallu pour les six mineurs et leurs encadrants, Marie-Christine BOROWIAK, chef de service éducatif, Faïda MINGOTAUD, éducatrice à l’EPEI, Sébastien BINIAUX, professeur technique à l’Unité éducative d’activités de jour (UEAJ), et Khalid SAHLI, éducateur en formation, enfiler une tenue de travail pour accompagner les équipes municipales. En amont, ils ont obtenu de la municipalité l’autorisation de travailler sur ces chantiers et sont à tout moment encadrés par les personnels de la Protection civile.
Un engagement

Dans les rues, avec les équipes de la Protection civile. |
Dès les premiers coups de pelles et de balais, les passants et les particuliers chez qui intervient l’équipe ne manquent pas de remercier les bénévoles. Comme le relève Alexandre, « Je suis content d’aider les personnes qui ont été sinistrées, j’étais heureux de leur faire plaisir et de les voir sourire après chaque nettoyage ». Et Fabien d'ajouter : « Les gens nous font confiance, ils nous sourient et nous disent merci ».
Ces encouragements, ils les recevront chaque jour de la part d’anonymes touchés par leur démarche. Qu’ils s’attèlent à déblayer la maison d’un particulier ou le camping municipal, ils s’investissent au maximum dans la mission qui leur a été confiée. Ainsi, Jonathan estime « normal de les aider bénévolement car (il) aimerait bien que des personnes fassent la même chose si ça arrivait chez (lui) ».
Une rencontre
Autre temps fort de cette semaine, l’accueil chez les Compagnons du devoir de La Rochelle pour les dîners et les nuitées. Des vocations semblent être nées de cette rencontre, à l’instar de Xavier qui a « envie de devenir Compagnon, les règles et le sérieux du travail (lui) plaisent, ainsi que la chaleur de la maison des Compagnons ». Tout comme Hakim qui, en visitant les ateliers des Compagnons, a « eu envie de changer (son) comportement pour devenir Compagnon et avoir un métier ».

Même mobilisation pour le camping municipal. |
A l’issue de ces cinq jours passés à aider les autres, nul doute que ces mineurs ont réfléchi à leur parcours, comme en témoigne l’écrit de Xavier : « J’ai l’impression d’avoir grandi mentalement et j’espère ne plus avoir de problèmes avec la justice dans l’avenir ».
Leur engagement ne s’arrêtera probablement pas là, puisqu’ils ont tenu à revenir aux beaux jours pour aider les personnes rencontrées à replanter leur jardin et à repeindre les façades et clôtures.

Les mineurs en compagnie de Faïda Mingotaud, Khalid SAHLI, un membre de la protection civile et Sébastien BINIAUX. |