Le 8 mars, la maison d'arrêt de Riom, à l'initiative de Mme Anne Robert, juge de l'application des peines au Tribunal de grande instance de Clermont-Ferrand , soutenue par Mme Lehugeur, procureur-adjoint au Tribunal de Grande Instance de Clermont-Ferrand et par Mme Christine Jarry Rodriguez, directrice du service pénitentiaire d'insertion et de probation, a célébré la journée de la femme.
En France, sur 60 978 détenus, 2043 sont des femmes. Leur faible nombre peut entraîner un plus grand isolement et une prise en charge sanitaire et médicale plus difficile. A l'occasion de la Journée internationale de la femme, la Maison d'arrêt de Riom, qui compte 17 détenues femmes, a souhaité mener une action spécifique en leur faveur.
Le matin, la déléguée régionale aux droits des femmes de la Région Auvergne a présenté sa fonction aux détenues. Elle a ensuite abordé les stéréotypes qui régulent encore dès le plus jeune âge certaines inégalités entre hommes et femmes. Sous forme de jeu interactif, les détenues ont répondu aux questions soulevées, remarquant d'elles-mêmes les poncifs et les préjugés encore trop souvent attribués à la condition de petite fille et de femme.
L'après-midi, Mme SANSELME-CARDENAS médecin spécialiste en gynécologie obstétrique et psychanalyste est intervenue en deux temps. Elle a en premier lieu abordé la contraception, et s'est ensuite axée sur les questions des détenues en tant que mères, sous la forme interrogative de :" Que dire à nos filles?"
Cette intervention collective, particulièrement pédagogique, s'est centrée sur la prévention. Le médecin spécialiste a répondu à toutes les questions soulevées.
Elle a ensuite consacré un entretien individuel aux sept détenues qui le souhaitaient.
Le bilan est indéniablement positif.
Sur les dix sept détenues incarcérées toutes ont participé, toutes ont été intéressées, et avaient des questions bien précises à poser.
Aucun ricanement, aucun rire, sur un sujet pourtant direct, évoqué sans tabou, et sans précaution oratoire. Le médecin a réussi à placer les magistrats, les surveillantes, et les conseillères d'insertion et de probation présentes sur le même plan : des femmes.
Son intervention a été d'autant plus riche et pédagogique qu'elle ne portait pas sur les soins, mais uniquement sur la prévention. La parole et l'échange ont permis ce travail.
"J'ai appris tellement de choses que je vais les dire à ma fille" a conclu l'une des femmes détenues, à la fin de la journée.