« De la victime oubliée à la victime sacralisée ? »
A Montpellier, les 25 et 26 juin, les 24èmes Assises nationales de l’Inavem réunissaient les praticiens de l’aide aux victimes autour de la question : « De la victime oubliée à la victime sacralisée ? ».
Loin des débats d’école, ces Assises ont d’abord été l’occasion de mettre en lumière les bonnes pratiques autour de la réparation des victimes et d’ouvrir de nouvelles pistes de réflexion pour lui garantir sa « juste place » dans le procès pénal.
A la tribune, ce sont d’abord des universitaires en droit comparé, puis des praticiens qui ont animé les 24es assises de l’Inavem, l’institut national d’aide aux victimes et de médiation, qui regroupe 150 associations sur le territoire français.
Professionnels des associations, magistrats, avocats, experts et psychiatres se sont succédés.
Face à un public de près de 450 personnes ayant répondu présents à l’invitation de la fédération et de l’association locale organisatrice, ils se sont accordés sur un principe commun : la recherche de la vérité pour la victime comme un des enjeux fondamentaux pour sa réparation.
Une quête qui ne peut se traduire qu’avec un « récit judiciaire constructif » dont le point d’orgue reste le procès pénal devant la cour d’assises.
« Quelque soit leur statut et l’effectivité de leurs droits, la recherche de la vérité est un facteur important pour la réparation des victimes » Christine Lazerges, Universitaire
A ce stade, c’est l’action de chaque acteur intervenant autour de la victime qui a été décryptée. Avocats, experts et associatifs ont estimé qu'il est fondamental d’expliquer à la victime que la Justice n’est pas rendue en son nom maisau nom de l’infraction qu’elle poursuit.
Cette rencontre a été l'occasion de rappeler le rôle à tenir en amont et pendant le procès pour aider les victimes à « trouver toute leur place et rien que leur place ».
Dénonçant les risques liés à la focalisation sur les victimes, les praticiens ont démontré que le phénomène de la sacralisation ne peut s’accorder avec l’équilibre des droits de la défense et de la victime, consacré par la Loi.
« Les effets boomerangs de la sacralisation sont contraires aux besoins des victimes » Daniel Zagury, psychiatre des hôpitaux, expert à la CA de Paris
Sur cette question, les points de vue relatifs à la loi sur l’irresponsabilité pénale et à son audience spéciale, ont été partagés. Pour autant, l’intérêt d’aller jusqu’au bout de l’instruction pour être certain de la matérialité des faits et l’intérêt d’une audience pour la réparation future ont été affirmés tant pour la victime que pour l’auteur.
« De la victime oubliée à la victime sacralisée ? », les assises ont mis en exergue toute la difficulté des professionnels à définir les moyens pour tendre vers la juste place de la victime. Procédures d’accompagnement des victimes et pratiques de Justice « restaurative » ont été quelques unes des solutions évoquées, en plus de la nécessité d’avoir auprès des victimes des associations d’aide aux victimes professionnelles et généralistes, au plus près de l’infraction et dans la durée.