20 ans d’engagement au service des victimes
L'INAVEM a fêté ses 20 ans le 13 mars au Sénat
C’est au Sénat le 13 mars dernier que l'Institut National d’Aide aux Victimes Et de Médiation a fêté ses 20 ans d’engagement au service des victimes. En ouverture du colloque, le Président de l’INAVEM, Hubert Bonin, qui accueillait le garde des Sceaux, Pascal Clément, a rappelé les dernières actions menées par le ministère de la Justice, dans ce domaine, avec notamment la mise en place de la plate-forme téléphonique du 08 victimes, la procédure Alerte-enlèvement et le référentiel d’aides aux victimes.
Tandis que le ministre de la Justice a rappelé dans ses grandes lignes l’évolution du dispositif législatif, soulignant également "l'engagement du ministère de la Justice aux côtés des associations d'aide aux victimes" dont les crédits alloués ont progressé de 58 % en 5 ans (de 4,6 millions d'euros en 2002 à 7,3 millions en 2007). Hubert Bonin a, pour sa part, rappelé le cheminement historique de ce que recoupe la notion « d’aide aux victimes », saluant ainsi les intervenants de terrain qui sont confrontés quotidiennement à la souffrance et à la douleur des victimes.
Cette manifestation a été ponctuée par de nombreuses interventions, dont celles de Robert Badinter, sénateur des Hauts-de-Seine et ancien garde des Sceaux (1981-1986), de Marie-Pierre de Liège, ancienne chef de bureau de l'aide aux victimes et de la prévention au ministère de la Justice, Présidente de la Chambre sociale à la Cour d’appel de Paris et de Claude Lienhard, Président-fondateur de l'INAVEM, puisqu’il y a 20 ans, chacun a participé à la mise en place de l’aide aux victimes.
Au cours de son propos, Robert Badinter a mis en garde l'auditoire contre le risque d'une "Justice qui deviendrait une thérapie pour la victime afin qu'elle fasse son deuil", rappelant qu'elle a ses obligations, notamment celle de la sanction juste. C'est d'ailleurs ce que Marie-Pierre de Liège a affirmé "la solidarité ne se partage pas !", soulignant le risque "d'une société trop psychiatrisée". Marielle Thuau , chef du service de l'accès au droit et à la Justice et de la politique de la ville, est intervenue pour présenter une "enquête de suivi auprès des victimes d'infractions", réalisée en 2006. L'après-midi, animé par le journaliste Christophe Hondelatte, fut consacré aux enjeux de l'aide aux victimes vus par la défenseure des enfants, Dominique Versini et le médiateur de la République représenté par son directeur de Cabinet, Christophe Leroux. Christine Lazerges, Professeure de droit pénal à Paris I, déléguée nationale au PS sur les questions de Justice, Jean-René Lecerf, Sénateur du Nord, secrétaire national de l'UMP en charge
de la Justice et François Zocchetto, Sénateur UDF de la Mayenne, sont intervenus pour présenter le point de vue des candidats à la présidentielle puis ont échangé avec la salle. La question, au cœur de ces échanges était : « quel avenir pour l'aide aux victimes ? » Pour clore cette journée, Hubert Bonin a invité fortement le réseau à « se tourner résolument vers l’avenir ».« C’est la réparation de la victime à tous les niveaux qui est la préoccupation essentielle ; le mot d’ordre : humanité et compétence. » Il ressort du débat et des controverses, un constat commun « la légitimité du choix politique initial, associant service public de la justice et un réseau associatif habilité porteur de la politique publique d’aide aux victimes. Il y a la volonté d’aller vers la sécurisation du dispositif sur le plan financier, il faut préserver la médiation pénale. Et beaucoup reste à faire dans l’effectivité… ».